Hyperémèse gravidique : la forme grave des vomissements de grossesse
L’hyperémèse gravidique est la forme grave des nausées et vomissements de la grossesse. Elle empêche généralement de s’alimenter et de s’hydrater suffisamment. Elle peut impacter la qualité de vie et avoir des effets défavorables.
Nous expliquons dans cet article l’origine de l’hyperémèse gravidique, ses conséquences et des conseils pour la soulager.
80% des femmes enceintes souffrent de nausées ou vomissements.
0,3 à 3% d’entre elles souffrent d’hyperémèse gravidique.
Infusions de gingembre / menthe / mélisse
Faire le plein de vitamine B6
Prendre fréquemment des petits repas
- 01. Qu’est-ce que l’hyperémèse gravidique ?
- 02. Qui sont les personnes à risque d’hyperémèse gravidique ?
- 03. Quelles sont les causes de l’hyperémèse gravidique ?
- 04. Quelles sont les conséquences de l’hyperémèse gravidique ?
- 05. Comment traiter l’hyperémèse gravidique ?
- 06. Quelles sont les interventions pharmacologiques ?
- 07. En conclusion sur l’hyperémèse gravidique
L'hyperémèse gravidique est globalement définie comme "des vomissements intraitables associés à une perte de poids de plus de 5% du poids avant la grossesse, une déshydratation et des déséquilibres électrolytiques qui peuvent conduire à une hospitalisation"[1].
Selon le Consensus formalisé d’experts du Collège national des gynécologues et obstétriciens français : “L’hyperémèse gravidique se distingue des nausées et vomissements gravidiques par une perte de poids ≥ 5 % ou des signes de déshydratation ou un score PUQE ≥ 7 (Pregnancy Unique Quantification of Emesis and Nausea). Une hospitalisation est proposée lorsqu’il y a au moins un des critères suivants : perte de poids ≥ 10 %, un ou des signes cliniques de déshydratation, score PUQE ≥ 13, hypokaliémie < 3,0 mmol/L, hyponatrémie < 120 mmol/L, élévation de la créatininémie > 100 mmol/L ou résistance au traitement.” [26]
Un bilan sanguin sera nécessaire pour évaluer les besoins nutritionnels notamment.
Des nausées de grossesse, accompagnées ou non de vomissements, sont signalées par près de 80% des femmes enceintes [2].
L’hyperémèse gravidique quant à elle touche entre 0,3% et 3% des femmes enceintes [3]. En moyenne, les symptômes se manifestent environ 5 à 6 semaines après le début de la grossesse. Chez 50 % des femmes, les nausées et les vomissements disparaissent à la 14ème semaine et chez 90 % des femmes à la 22ème semaine [4]. Cependant, dans 10% des cas d’hyperémèse, ils peuvent persister tout au long des grossesses [5].
L’hyperémèse peut conduire à une hospitalisation et à un arrêt de travail. Elle entraîne parfois des complications pendant les grossesses et des conséquences néfastes pour les bébés, comme une insuffisance pondérale à la naissance [6].
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Différentes personnes peuvent être à risque élevé d’hyperémèse gravidique [7] :
- Les femmes ayant une grossesse multiple
- Les femmes qui souffrent de nausées et de vomissements en dehors de la grossesse en raison de la consommation de médicaments contenant des œstrogènes
- Les femmes ayant des antécédents de migraines
- La recherche suggère également un risque plus élevé d'hyperémèse chez les femmes dont des membres de la famille immédiate, comme la mère ou la sœur, ont également connu une hyperémèse gravidique [8].
Une hausse de l’hormone chorionique gonadotrope humaine (HCG)
Les taux de l’hormone chorionique gonadotrope humaine (hCG) pourraient être une cause. Ils atteignent leur maximum au cours du premier trimestre, ce qui correspond à l'apparition typique des symptômes d'hyperémèse. La recherche montre une corrélation entre des concentrations plus élevées de hCG et l'hyperémèse [9].
Les oestrogènes
Il se pourrait également que les œstrogènes contribuent aux nausées et vomissements de la grossesse. Les taux d'estradiol augmentent au début des grossesses et diminuent plus tard, ce qui reflète l'évolution typique des nausées et des vomissements pendant la grossesse. En outre, les nausées et les vomissements sont les effets secondaires connus des médicaments contenant des œstrogènes. Plus le taux d'œstrogènes augmente, plus l'incidence des vomissements augmente [10].
Des changements dans le système gastro-intestinal
Le sphincter œsophagien inférieur se relâche pendant la grossesse en raison de l'élévation des taux d'œstrogènes et de progestérone. Cela entraîne une augmentation de l'incidence des symptômes des remontées acides grossesse (RGO), et l'un des symptômes du RGO est la nausée [11]. Cependant, d’autres études sont nécessaires pour valider ou non le lien entre le RGO et les vomissements.
La génétique
Un risque accru d'hyperémèse gravidique a été démontré chez les femmes dont des membres de la famille ont également connu une hyperémèse gravidique. Deux gènes, GDF15 et IGFBP7, sont potentiellement liés au développement de l'hyperemesis gravidarum [12]. Une dernière étude en date de 2023 soutient le rôle de la GDF15.
Dans les cas graves d'hyperémèse, les complications comprennent la carence en vitamines, la déshydratation avec un déséquilibre électrolytique, et la malnutrition avec une perte de poids. La thiamine, ou vitamine B1, est une vitamines hydrosolubles, dont la carence peut se manifester dans le cadre de vomissements persistants comme dans l'hyperémèse gravidique. Cette carence peut conduire à un syndrome appelé encéphalopathie de Wernicke [13].
Cela peut également générer une production de salive excessive, ce qui peut être dérangeant pour la maman. Pour en savoir plus, retrouvez notre article hypersalivation grossesse.
La cétose (accumulation de corps cétoniques produits lors de la dégradation des graisses [14]) est également couramment incluse comme conséquence de l'hyperémèse gravidique [15].
Il existe des cas de blessures secondaires dues à des vomissements violents et fréquents, notamment une rupture de l'œsophage [16] et un pneumothorax [17]. De plus, les patientes souffrant d'hyperémèse peuvent présenter des taux plus élevés de dépression et d'anxiété pendant la grossesse [18].
Pour le fœtus, le risque principal serait un faible poids de naissance, un décollement placentaire et un accouchement prématuré [27].
Ces complications à long terme pour le bébé pourraient être possibles : insulinorésistance, troubles anxieux, troubles du sommeil, trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité, trouble du spectre de l’autisme [27].
Recommandations du Consensus formalisé d’experts du Collège national des gynécologues et obstétriciens français
Il est conseillé d’arrêter les vitamines prénatales et la supplémentation en fer sans arrêter la supplémentation en acide folique. Le régime alimentaire et le mode de vie seront adaptés en fonction des symptômes. L’aromathérapie n’est pas à utiliser. Si le score PUQE < 6, et même en l’absence de preuve de leur bénéfice, il est possible d’utiliser le gingembre, la pyridoxine (vitamine B6), l’acupuncture ou l’électrostimulation même en l’absence de preuve de leur bénéfice.
De la vitamine B1 doit être systématiquement administrée en cas d’hyperémèse gravidique justifiant une réhydratation parentérale afin de prévenir la survenue d’une encéphalopathie de Gayet-Wernicke. [26]
Des remèdes naturels
Les approches non pharmaceutiques pour traiter les nausées et vomissements comprennent les herbes, comme le gingembre et la camomille, l'acupuncture et le massage. Par ailleurs, il a été démontré que le soutien psychologique de la famille et de l'équipe médicale réduit les symptômes de l'hyperémèse gravidique [19].
Infusion de gingembre
Les études ont montré que l’ingestion de gingembre diminuait les épisodes de nausées et vomissements en une semaine par rapport à un placebo.
Vous trouverez facilement des infusions de gingembre en sachet dans le commerce. Sinon, vous pouvez vous préparer votre infusion en versant une tasse d’eau frémissante sur une à deux cuillères à café de gingembre frais râpé. Ensuite laissez infuser cette préparation durant environ dix à quinze minutes, filtrez-la, puis dégustez !
Attention, prudence avec le gingembre mariné, généralement retrouvé dans la cuisine japonaise qui contient habituellement des édulcorants artificiels, tel que l’aspartame, à fuir pendant la grossesse (et même après!).
A essayer pour changer : une ginger beer en guise d’apéro ! Il s’agit d’un soda sans alcool au gingembre. Le ginger beer est tellement épicé qu’il donne l’impression de boire une boisson alcoolisée… De quoi trinquer à l’apéro avec le futur papa sans frustration devant sa pinte de bière !
Le citron
Bien qu’il n’y ait pas d'étude spécifique dans le cas de l’hyperémèse gravidique, il a été démontré que le citron pourrait avoir des effets dans la réduction des nausées et des vomissements de la grossesse [20].
Cependant, le citron peut ne pas convenir à tout le monde. En naturopathie les personnes sont regroupées en deux catégories : les sanguino-pléthoriques et les neuro-arthritiques (qui vont différer en fonction de leur rapport au chaud/froid, leur humeur, leur rapport à la nourriture ...). L’organisme de ces deux types de personnes va réagir différemment en présence d’acides, et dans le cas du neuro-arthritique il n’arrivera pas à neutraliser les acides [21]. Le citron est donc déconseillé pour ces personnes. On consulte une naturopathe si on a un doute sur son terrain.
La menthe ou menthe poivrée
Laissez infuser 5 minutes 1 cuillère à café de menthes séchées dans une tasse d’eau bouillante. Filtrez. Le menthol vous tonifiera tout en ayant un effet antispasmodique sur les intestins. La menthe sera alors votre allié idéal en cas de nausée (pensez également aux bonbons à la menthe, facile à transporter !).
De même, la menthe poivrée peut faciliter la digestion et calmer l'estomac car elle contient des propriétés qui dissipent les gaz et soulagent les crampes [22].
Les arômes de menthe peuvent également à eux seuls permettre de diminuer la nausée et les vomissements [23].
La tisane de mélisse
La mélisse a des vertus antispasmodique, digestive, anti ballonnement, anti reflux gastrique et relaxante !
Prenez une cuillère à café de sommités fleuries (parties aériennes) pour un bol d’eau bouillante puis laissez infuser une dizaine de minutes. Buvez 3 tasses par jour en fin de repas jusqu’à amélioration.
Si vous souhaitez en savoir plus, allez voir notre article grossesse et troubles digestifs.
Les aliments naturellement riches en B6
Les herbes de provence avec 1,58 mg/100g.
Les oléagineux comme la pistache (1,41 mg/100g), les graines de tournesol (1,24 mg/100g).
Les viandes : le magret de canard (0,98 mg/100g), la dinde (0,81 mg/100g).
Les poissons comme le saumon (1 mg/100g).
Les fruits et légumes, avec par exemple les abricots secs (0,51 mg/100g), la banane (0,44 mg/100g), les lentilles (0,5 mg/100g).
Nos vitamines grossesse sont toutes riches en vitamine B6.
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L'acupression peut diminuer les symptômes
L'acupression est une variante non invasive de l'acupuncture qui consiste à appliquer une pression constante sur des points ou des zones spécifiques. L'acupression P6 (ou point Neiguan) est proposée pour traiter les symptômes des nausées et des vomissements. Le point P6 est situé sur la face interne de l'avant-bras, près du poignet [24].
Préférez prendre un rendez-vous avec un spécialiste plutôt que de vous faire un massage seule. Certains points d’acupression ne doivent pas être stimulés durant la grossesse. Pour en savoir plus, retrouvez notre article sur acupuncture grossesse.
Quelques conseils pour soulager les nausées
D’autre part, en plus des modifications du régime alimentaire, voici quelques conseils pour éviter les nausées ou aider dans l’amélioration des symptômes [24] :
- Prendre fréquemment de petits repas
- Eviter les aliments épicés ou gras et boire régulièrement manger des crackers le matin et au réveil
- Pensez à vous reposer
- Aérez vos pièces et ne restez pas dans des espaces confinés.
La vitamine B6 à dose thérapeutique
La vitamine B6, ou pyridoxine, est couramment utilisée comme traitement de première intention des nausées et vomissements de la grossesse. Utilisée seule, elle est associée à une diminution des nausées mais pas des vomissements [25].
Les antihistaminiques
Certains traitements à base d’antihistaminiques pourraient avoir un effet sur des récepteurs et réduire les symptômes de nausées et de vomissements. Cependant, les études sont controversées et de nouvelles recherches sont nécessaires pour valider ou non les effets de ces traitements.
Les antagonistes de la dopamine
Les antagonistes de la dopamine (soit des molécules qui vont empêcher la fixation de l'hormone dopamine), comme le métoclopramide, stimulent la partie gastro-intestinale et se sont avérés efficaces pour diminuer les vomissements. Le métoclopramide peut causer une dyskinésie tardive, rarement chez les personnes jeunes.
Les traitements de phénothiazines, comme la prométhazine, sont des antagonistes des récepteurs de la dopamine qui agissent en supprimant la zone de déclenchement responsable de la stimulation des vomissements [24].
Le Diglegis
Le Diglegis est un médicament prescrit dans les cas de nausées et vomissements associés à la grossesse. Il est composé de pyridoxine (vitamine B6) et de doxylamine. Il n’a pas été étudié spécifiquement pour l’hyperémèse gravidique mais selon la recherche actuelle, l’effet du Diclegis dans les cas classés comme "nausées et vomissements" de la grossesse se situe entre 70 et 80 % [13].
Le Diclegis est commercialisé dans les pays d’Amérique du Nord et non en France. En France, nous avons soit de la Doxylamine seule (Dornomyl), soit des équivalents au Diglegis avec la doxylamine : le Cariban ou le Xonvea.
Une prise en charge hospitalière
Dans les cas les plus graves, l’hyperémèse gravidique peut conduire à une hospitalisation. Dans ce cas, la mère se verra administrer par voie intraveineuse des solutions qui contiennent principalement du sérum physiologique pour réhydrater et de la vitamine B1 pour prévenir de complications neurologiques graves.
D’autres interventions possibles sont détaillées dans le Consensus formalisé d’experts du Collège national des gynécologues et obstétriciens français [26]. Un algorithme de prise en charge est détaillé au cas par cas.
Si les nausées et vomissements persistent, si vous notez une perte de poids, si vous voyez des signes de déshydratation, on consulte vite un professionnel de santé. N’hésitez pas à réaliser un bilan pour vous assurer de couvrir vos besoins nutritionnels.
Chaque femme est différente, et même chaque grossesse est différente… Certains remèdes marcheront pour les nausées de certaines, mais pas pour les autres. Écoutez-vous, vous êtes votre meilleure alliée !
Pour plus de renseignements et pour un accompagnement, n'hésitez pas à consulter le site de l’association HG.
Attention à la prise de médicaments pendant la grossesse. Ces conseils ne se substituent pas à l’avis d’un professionnel de santé ou à un traitement médical en cours.
Attention à ne pas vous auto-complémenter ou à utiliser des huiles essentielles sans un conseil d’un professionnel de santé, médecin, pharmacien ou naturopathe formé à l’aromathérapie.
Il est également préférable de faire appel à un naturopathe pour se faire accompagner et proposer un accompagnement sur mesure.
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