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Anémie grossesse : comment la repérer et quoi faire, sans paniquer

Anémie grossesse : comment la repérer et quoi faire, sans paniquer

Sommaire

Vous venez de recevoir vos résultats de prise de sang et un chiffre vous inquiète : un taux d'hémoglobine plus bas qu'au bilan précédent, ou une ferritine que vous ne savez pas interpréter. Voici ce que mesurent ces examens, pourquoi une baisse est parfois normale au cours de ces neuf mois, à quel moment en parler, et quels aliments peuvent vous aider.

Pas d'inquiétude : vous n'êtes pas seule devant ces chiffres. Vos résultats sont aussi transmis au médecin ou à la sage-femme qui les a prescrits, et en cas de valeur préoccupante, vous êtes recontactée sans attendre le prochain rendez-vous.

Le saviez-vous

La prise de sang du sixième mois n'est pas le seul dépistage prévu. Depuis 2022, une première recherche est recommandée dès le début du suivi, puis autant de contrôles que les symptômes le justifient (1).

Anémie pendant la grossesse : ce que veut dire le chiffre sur votre bilan

L'hémoglobine est la protéine des globules rouges qui transporte l'oxygène des poumons vers vos tissus et vers le placenta. Le fer en est le composant central : c'est lui qui fixe l'oxygène. Quand sa quantité devient insuffisante, on parle d'anémie, et l'oxygénation se fait moins bien, ce qui explique la fatigue et l'essoufflement.

Chaque molécule d'hémoglobine porte quatre atomes de fer, et chacun fixe une molécule d'oxygène. Sans fer, pas de site de fixation.

En France, le repère est le même du début à la fin du suivi : le diagnostic est posé en dessous de 11 g/dL, y compris pour la santé maternelle en post-partum (1). C'est cette valeur que votre sage-femme ou votre médecin utilise pour lire votre numération formule sanguine, aussi appelée NFS.

Elle est inférieure à celle retenue en dehors de la grossesse, et ce n'est pas un hasard. Le volume plasmatique, c'est-à-dire la partie liquide du sang, augmente à mesure que les semaines passent : environ 6 % au premier trimestre, 18 à 29 % au deuxième, avec un pic en fin de troisième trimestre (4). Cette expansion est plus rapide que la production de globules rouges, si bien que la concentration mesurée baisse alors que la quantité totale de globules rouges, elle, a augmenté. C'est l'hémodilution physiologique : un taux plus bas qu'avant la conception est donc attendu, et c'est le passage sous les 11 g/dL qui conduit à explorer, pas la baisse en elle-même.

Comme le volume sanguin et le débit cardiaque augmentent en parallèle, cette dilution seule ne se ressent pas. Quand des symptômes accompagnent un résultat comme 10,8 g/dL, ils traduisent le plus souvent un manque de fer réel, qui fatigue par lui-même avant même que ce taux ne baisse (5).

Pourquoi vous verrez d'autres valeurs ?
L'OMS en retient trois selon le trimestre : 11 g/dL au premier, 10,5 g/dL au deuxième et 11 g/dL au troisième (3). La valeur du deuxième trimestre est la plus basse parce que c'est la période où l'hémodilution est la plus marquée. Le repère français est donc plus conservateur à ce moment-là, et c'est lui qui s'applique à votre suivi.

Dépistage : à quels moments ce contrôle est prévu

Le dépistage repose sur la NFS, réalisée chez toutes les femmes enceintes dès le début du suivi, puis au sixième mois, et à tout moment en présence de symptômes (1). Ce calendrier est le socle de la prévention : il permet de repérer une baisse pendant qu'elle est encore facile à corriger, et bien avant l'accouchement.

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Ferritine basse pendant la grossesse : le signal qui arrive avant l'anémie

La ferritine est la protéine qui stocke le fer, et sa concentration dans le sang reflète l'état de vos réserves. C'est une information différente de celle que donne le taux d’hémoglobine, qui renseigne sur le transport de l'oxygène.

Un manque de fer s'installe en deux temps. D'abord les réserves se vident, alors que la fabrication des globules rouges continue normalement : la ferritine passe sous 30 ng/mL et l'hémoglobine reste au-dessus de 11 g/dL. C'est la carence martiale sans anémie. Puis, si rien ne change, les réserves ne suffisent plus à fabriquer l'hémoglobine, qui baisse à son tour : c'est l'anémie ferriprive. Le délai entre ces deux temps varie d'une femme à l'autre, selon ses réserves de départ, ses besoins et la vitesse à laquelle elle les puise (4).

En pratique : une hémoglobine normale ne dit rien de vos réserves. Repérer le manque au premier temps, c'est le corriger avant qu'il n'atteigne l'hémoglobine.

Une limite à garder en tête. La ferritine s'élève en cas d'inflammation ou d'infections, indépendamment des réserves, ce qui rend son interprétation plus délicate pendant la grossesse (5). Un résultat normal n'exclut donc pas totalement un déficit, ce qui explique que d'autres marqueurs soient parfois demandés, comme le volume globulaire moyen, ou VGM, qui mesure la taille des globules rouges.

Hémoglobine, ferritine, VGM : ce que chaque examen dit et ne dit pas

Hémoglobine (NFS)La capacité du sang à transporter l'oxygène à un instant donnéL'état de vos réserves en ferAnémie en dessous de 11 g/dL (1)
FerritineLe stock de fer disponible dans l'organismeSi l'hémoglobine est déjà touchée, et elle peut être faussée par une inflammationCarence martiale en dessous de 30 ng/mL (1)
VGMLa taille moyenne des globules rouges, qui diminue en cas de manque de fer installéLa cause exacte : d'autres carences le modifient aussiInterprété avec le reste de la NFS, jamais seul
Take care mama

Une ferritine basse ne veut pas dire que vous avez mal mangé. La grossesse puise dans les réserves quelle que soit l'assiette, et c'est précisément pour cela qu'un dépistage est prévu. Bien manger aide à préserver ce qu'il vous reste, mais ne remplace pas ce qui manque déjà. Un traitement prescrit n'est donc pas un rattrapage, c'est la suite normale du dépistage.

Le jolly conseil
  1. Regardez la teneur en fer élément, en milligrammes : c'est la seule donnée comparable d'un produit à l'autre. Le pourcentage affiché à côté se calcule sur une valeur de référence européenne commune à tous les adultes, plus basse que les 16 mg par jour que l'ANSES retient pour les femmes enceintes. Une boîte qui annonce 100 % ne couvre donc pas 100 % de vos besoins, le reste venant de votre alimentation.
  2. Repérez la forme sur la liste des ingrédients. Le bisglycinate est généralement mieux toléré au niveau digestif que les sels ferreux comme le sulfate.
  3. Vérifiez si votre multivitamine en contient déjà, ainsi que du zinc ou du calcium, pour ne pas cumuler les apports.

Anémie grossesse symptômes : ce qui doit alerter et quand s'inquiéter

Les symptômes sont peu spécifiques, et c'est ce qui rend le repérage difficile : ils ressemblent beaucoup à ce que vous ressentez déjà. Les plus souvent rapportés sont une fatigue qui ne cède pas au repos, un essoufflement à l'effort, des palpitations, une pâleur, des vertiges, des maux de tête, une frilosité inhabituelle et des difficultés de concentration. 

Aucun de ces signes ne suffit à poser un diagnostic, et leur absence n'exclut rien, puisque les premiers stades sont longtemps silencieux. Seule la prise de sang tranche.

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Manque de fer pendant la grossesse : les causes les plus fréquentes

Au-delà du transport de l'oxygène, ce minéral contribue au fonctionnement normal du système immunitaire et intervient dans le développement du système nerveux du bébé

Les besoins augmentent. Pour les femmes enceintes, l'ANSES retient une référence nutritionnelle de 16 mg par jour : elle leur applique la valeur définie pour les femmes ayant des pertes menstruelles élevées, un choix qualifié de protecteur destiné à couvrir les besoins supplémentaires de cette période (6). Ces apports servent à augmenter votre masse de globules rouges, à alimenter le placenta, et à permettre au fœtus de constituer les réserves qu'il utilisera après sa naissance (5).

Les réserves sont souvent basses avant la conception. Les pertes menstruelles antérieures, un intervalle court entre deux enfants ou une alimentation pauvre en apports laissent un stock déjà entamé. L'organisme compense en partie en augmentant sa capacité d'absorption intestinale, mais cette adaptation a ses limites.

Le fer n'est pas la seule cause possible. Un déficit en vitamine B9, aussi appelée folates, ou en vitamine B12, deux vitamines nécessaires à la division cellulaire donc à la production des globules rouges, donne le même résultat sur la NFS. Une maladie de l'hémoglobine également. C'est pourquoi le bilan ne se limite pas toujours à ce dosage (2).

Complications possibles pour la mère, pour le fœtus et après la naissance

Pour la santé maternelle. Les effets portent sur la qualité de vie, la tolérance à l'effort et la récupération. Le taux est aussi pris en compte dans la préparation de l'accouchement, une valeur plus élevée avant la naissance offrant une meilleure marge en cas de saignement. Le repère de 11 g/dL continue de s'appliquer en post-partum, notamment après un accouchement hémorragique (1).

Pour le fœtus. Une analyse portant sur plusieurs cohortes montre qu'une anémie maternelle modérée à sévère est associée à un risque accru de bébé de petit poids pour l'âge gestationnel, association non retrouvée pour les formes légères (7). Un résultat un peu en dessous du repère ne place donc pas votre grossesse dans la même situation qu'une forme franche.

Après la naissance. Les réserves constituées pendant la vie intra-utérine servent au bébé pendant ses premiers mois. Les nourrissons nés avec un stock bas ont un statut plus faible à 9 mois et un risque plus élevé de déficit au cours de leur première année (8).

Plus n'est pas mieux pour autant : les issues les moins favorables s'observent aux deux extrémités, chez les femmes dont le taux est bas comme chez celles dont il est très élevé (9). Une supplémentation se décide donc sur un résultat de laboratoire, pas par précaution.

Anémie grossesse : quoi manger pour soutenir vos apports en fer

L'alimentation reste le premier levier de prévention. Elle apporte deux formes de ce minéral, qui ne s'absorbent pas de la même façon.

La forme héminique se trouve uniquement dans la chair animale : viandes, abats, poissons et fruits de mer. C'est la mieux assimilée, et son absorption dépend peu du reste du repas (10). Ces aliments contiennent les deux formes de fer : le fer héminique représente 15 à 80 % du total selon l'aliment, le reste est non héminique.

La forme non héminique est présente dans tous les autres aliments : légumineuses, fruits à coque, céréales, légumes à feuilles vertes, mais aussi œufs et produits laitiers, qui n'apportent que cette forme (6). Elle est moins bien assimilée et beaucoup plus variable, parce que son absorption dépend de ce qui l'accompagne dans l'assiette (10).

Trois leviers modifient cette assimilation.

  • La vitamine C l'améliore. Elle transforme la forme non héminique en une version plus facilement absorbée. On la trouve dans les agrumes, le kiwi, le poivron rouge, le persil et les cassis. La référence nutritionnelle est de 120 mg par jour pour les femmes enceintes (6).
  • Le thé et le café la réduisent. Les tanins du thé freinent l'absorption (11). Les décaler d'une heure ou deux par rapport aux repas suffit à limiter cet effet.
  • Le calcium et les protéines laitières la réduisent lorsqu'ils sont consommés au même moment (10). Le calcium restant nécessaire pendant cette période, il s'agit de ne pas concentrer tous les apports sur le même repas.

Le cas du foie. C'est l'un des aliments les plus concentrés, mais aussi la principale source alimentaire de rétinol, la forme active de la vitamine A (6). Sa consommation demande de la prudence et mérite d'être abordée avec le professionnel de santé qui vous suit.

L'assiette soutient vos apports et aide à préserver vos réserves. Elle ne corrige pas seule une anémie ferriprive installée, dont la prise en charge relève d'une prescription.

Traitement : ce que met en place votre sage-femme ou votre médecin

En première intention, la supplémentation se fait par voie orale. Elle est prévue aussi bien devant une anémie ferriprive que devant une carence martiale isolée, c'est-à-dire une ferritine sous 30 ng/mL sans baisse du taux (1). La dose est adaptée à votre situation. La forme de choix est la bisglycinate, la mieux assimilée par le corps et sans effets secondaires. 

De l'acide folique, autre nom des folates, y est associé. Cette vitamine est nécessaire à la division cellulaire : le fer fournit le matériau, les folates permettent à la moelle osseuse de produire les globules rouges qui vont l'utiliser. Veillez à prendre l’acide folique sous forme 5-MTHF (ou 5-méthyltétrahydrofolates) pour une absorption optimale. 

L'efficacité est contrôlée après un mois. Une fois la valeur repassée au-dessus de 11 g/dL, la supplémentation est poursuivie au moins trois mois, le temps de reconstituer les réserves et pas seulement de corriger le chiffre (1).

Les effets indésirables digestifs sont la première raison d'arrêt. Une prise un jour sur deux peut améliorer la tolérance : c'est une adaptation qui se décide avec votre médecin ou votre sage-femme, pas de sa propre initiative. La voie intraveineuse, elle, est réservée à des situations précises : forme sévère ou mal tolérée, découverte tardive, ou mauvaise tolérance du traitement oral (1).

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Iron Mama apporte 14 mg de fer par gélule, sous forme de bisglycinate breveté Ferrochel®, soit 100 % des apports de référence. Le fer contribue à la formation normale de globules rouges et d'hémoglobine, au transport normal de l'oxygène dans l'organisme et à réduire la fatigue. Cette forme a été étudiée chez des femmes enceintes, notamment pour sa tolérance digestive (12).

La formule ne contient ni folates, ni zinc, ni calcium : elle se combine avec Baby bump, notre multivitamine grossesse, qui n'apporte pas de fer. 

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Le diagnostic est posé en dessous de 11 g/dL, sur l'ensemble des neuf mois (1). Un résultat légèrement inférieur justifie d'en parler à votre sage-femme, pas de s'alarmer. La sévérité s'apprécie sur l'écart au repère, la rapidité de la baisse et la façon dont vous la supportez.

Par une numération formule sanguine (NFS), réalisée dès le début du suivi, au sixième mois, et à tout moment en cas de symptômes (2). Si le résultat est bas, ou en présence d'un facteur de risque, une ferritinémie évalue les réserves. D'autres examens peuvent être ajoutés, notamment la recherche d'une maladie de l'hémoglobine.

C'est une carence martiale sans anémie : les réserves sont entamées mais la production de globules rouges se maintient (5). Ce n'est pas grave, et c'est le moment le plus favorable pour agir. Le repère français est de 30 ng/mL, plus élevé que les normes habituelles des laboratoires, et une supplémentation est prévue dès ce stade (1).

Oui. L'hémodilution abaisse mécaniquement le taux sans que les réserves soient en cause. Un déficit en folates ou en vitamine B12, une maladie de l'hémoglobine ou une inflammation peuvent également faire baisser ce taux avec une ferritine normale (2).

Pour la santé maternelle, une fatigue durable et une moindre marge de sécurité au moment de l'accouchement (2). Pour le fœtus, les données montrent une association entre anémie maternelle modérée à sévère et petit poids pour l'âge gestationnel, non retrouvée pour les formes légères (7). Les réserves constituées avant la naissance servent aussi au nourrisson pendant sa première année (8).

Les aliments qui apportent la forme héminique, mieux assimilée : viandes, poissons et fruits de mer. Légumineuses, fruits à coque, céréales et légumes à feuilles vertes apportent la forme non héminique (6). Associez-les à une source de vitamine C et décalez le thé et le café des repas (6, 11).

Non. Les besoins varient beaucoup d'une femme à l'autre, et les issues les moins favorables s'observent aussi bien quand le taux est bas que quand il est très élevé (9). La supplémentation systématique n'est pas la stratégie retenue en France, où la démarche repose sur le dépistage puis le traitement des situations qui le justifient (2).

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