MYTHE :

J’ai le covid alors je dois arrêter l’allaitement.

Je ne peux pas me faire vacciner si j’allaite.

FACT :

On ne retrouve pas l’ARNm du vaccin dans le lait maternel.

La vaccination de la mère entraîne la production d’anticorps chez l’enfant allaité.

Vaccins COVID 19 et allaitement : qu’est-ce qu’on sait ?

Nous avons repris et synthétisé pour ce faire le dossier très bien fait de la Leche league France : Allaitement et COVID 19, questions/réponses. Allez le voir si vous voulez creuser le sujet !

Allaitement et vaccins contre le COVID 19

Pas de passage dans le lait et de pouvoir infectant des vaccins selon les dernières études

 

Les vaccins actuellement disponibles en France sont deux vaccins à ARNm (Pfizer et Moderna) et un vaccin à vecteur viral (AstraZeneca).

 

Le crat (26 novembre 2021)

“ Le passage systémique de l’ARNm et du vecteur viral après la vaccination n’étant pas attendu, leur présence dans le lait ne l’est pas non plus. De plus, les vaccins à ARNm et à vecteur viral contre la Covid 19 sont dépourvus de pouvoir infectant. L’enfant allaité ne risque donc pas d’être infecté par le vaccin effectué à sa mère. Au vu de ces éléments, une vaccination par vaccin à ARNm ou à vecteur viral contre la Covid 19 est envisageable chez une femme qui allaite.” [1]

 

Haute autorité de santé (1 mars 2021)

“Il n’existe pas d’étude sur le passage de ces vaccins dans le lait ou chez la femme allaitante, mais la HAS rappelle que, sur la base des mécanismes biologiques (dégradation rapide des ARNm), il n’y a pas d’effet attendu chez le nourrisson et l’enfant allaité par une femme vaccinée. La vaccination chez la femme allaitante est donc possible.” [2]
 

e-lactancia

“Il est hautement improbable que l’un des composants des vaccins contre la COVID-19 puisse être excrété dans le lait humain, et même dans ce cas, ils seraient tous digérés dans le tractus gastro-intestinal de l’enfant allaité.” [3]

 

Infant risk center (18 décembre 2020)

“ À l’heure actuelle, aucun des nouveaux vaccins n’est vivant ou infectieux. Ils sont constitués de très peu d’ingrédients : l’ARNm fragile, des graisses pour protéger l’ARNm assez longtemps pour que votre corps y réponde, et des adjuvants pour que l’injection fasse moins mal. Il n’y a pas de conservateurs.”

 

Il est peu probable que les composants du vaccin passent dans les tissus mammaires, et même s’ils atteignent les tissus mammaires, puis le lait (encore moins probable), ils seraient détruits dans le tractus intestinal du bébé.

 

Academy of breastfeeding medicine’s statement (14 décembre 2020)

“Les vaccins à ARNm sont composés de nanoparticules lipidiques contenant de l’ARNm de la protéine spike du SARS-CoV-2 ; la séquence d’ARNm code uniquement pour cette protéine. Ces particules sont injectées dans le muscle, où les nanoparticules sont absorbées par les cellules musculaires. Ces cellules musculaires transcrivent ensuite l’ARNm pour produire une protéine spike. La protéine spike fabriquée par la cellule stimule une réponse immunitaire, protégeant l’individu de la maladie COVID-19. Pendant l’allaitement, il est peu probable que les lipides du vaccin pénètrent dans la circulation sanguine et atteignent les tissus mammaires. Si c’est le cas, il est encore moins probable que la nanoparticule intacte ou l’ARNm soit transféré dans le lait. Dans le cas peu probable où l’ARNm serait présent dans le lait, il serait digéré par l’enfant et il est peu probable qu’il ait des effets biologiques.[4]

 

Étude de l’université de Californie (16 juillet 2021)

Une petite étude sur 7 femmes allaitantes a été menée. Ils ont collecté des échantillons de lait maternel avant le vaccin puis après le vaccin. Ils ont comparé ces données à des échantillons de lait pré-vaccin auxquels ils ont intégré le vaccin en laboratoire et à des échantillons sans vaccin [5]. 

 

L'ARNm associé au vaccin n’a été détecté dans aucun des échantillons de lait testés, ce qui fournit une preuve expérimentale concernant la sécurité de l'utilisation de vaccins à base d'ARNm pendant l’allaitement.

Les résultats de cette étude renforcent les recommandations actuelles selon lesquelles les vaccins à ARNm sont sûrs pendant l'allaitement et que les personnes allaitantes qui reçoivent le vaccin COVID ne doivent pas arrêter d'allaiter. Toutefois, des études sur un plus grand nombre de femmes seraient souhaitables.
 

Vaccins COVID 19 et allaitement : pas besoin d’arrêter l’allaitement
 

OMS, sur le vaccin pfizer (8 janvier 2021)

“Comme le vaccin BNT162b2 n’est pas un vaccin à virus vivant et que l’ARNm ne pénètre pas dans le noyau de la cellule et se dégrade rapidement, il est biologiquement et cliniquement peu probable qu’il présente un risque pour l’enfant allaité. Sur la base de ces considérations, une femme allaitante faisant partie d’un groupe pour lequel la vaccination est recommandée, par exemple les personnels de santé, devrait se voir proposer la vaccination sur une base équivalente. L’OMS ne recommande pas d’interrompre l’allaitement maternel après la vaccination.” [6]
 

Royal College of Obstetricians and Gynaecologists (14 décembre 2021)

“Les vaccins COVID-19 sont recommandés aux femmes qui allaitent. Il n'existe aucun mécanisme plausible par lequel un ingrédient du vaccin pourrait passer à votre bébé par le lait maternel. Vous ne devez donc pas arrêter d'allaiter pour vous faire vacciner contre le COVID-19.” [7]
 

Etude sur la sécurité du vaccin (31 août 2021)

Du 14 décembre 2020 au 1er février 2021, 180 femmes allaitantes ont été recrutées dans l'étude, 128 femmes ont reçu les deux doses du vaccin Pfizer et 52 ont reçu les deux doses de la marque Moderna [8].

 

Les femmes ayant reçu la marque Moderna étaient significativement plus nombreuses à signaler des effets secondaires, notamment des frissons, des douleurs musculaires ou corporelles, de la fièvre et des vomissements. Elles étaient également plus susceptibles de signaler des symptômes localisés, notamment une douleur, une rougeur, un gonflement ou des démangeaisons, au site d'injection que les femmes ayant reçu la dose 2 de la marque Pfizer. Il y avait une différence significative dans la réduction de la production de lait après la dose 2 selon la marque (8,0% contre 23,4% pour Pfizer et Moderna respectivement). Cependant, dans tous les cas, la production de lait a été rapportée par la mère comme étant revenue à la normale dans les 72 heures.

 

Peu d'événements chez le nourrisson ont été signalés pour l'une ou l'autre des marques de vaccins après l'administration de l'une ou l'autre des doses, et aucun événement indésirable grave n'a été signalé.

 

Les auteurs ont conclu que ces données étaient rassurantes quant à la sécurité de la vaccination des femmes qui allaitent et de leurs enfants avec l'un ou l'autre des vaccins à ARNm COVID-19.

 

Les données des études les plus récentes

Une étude publiée en novembre 2021, a recensé 23 études qui ont observé les données de sécurité et ont indiqué que les populations allaitantes ont présenté des réactions liées au vaccin à des taux similaires à ceux de la population générale. Aucune augmentation du risque de résultats indésirables n'a été signalée et ont conclu que la vaccination contre le COVID-19 chez les femmes allaitantes est immunogène, n'entraîne pas de réactions indésirables significatives liées au vaccin ni de conséquences obstétriques et néonatales, et est efficace pour prévenir la maladie du COVID-19 [9]. Les mêmes observations ont été faites pour les femmes enceintes.

 

Une autre étude de novembre 2021 a montré que les vaccins à ARNm COVID-19 génèrent des réponses immunitaires robustes dans le plasma et le lait des personnes qui allaitent, sans qu'aucun effet indésirable grave ne soit signalé [10].

 

Protection possible de l’enfant allaité via des anticorps dans le lait maternel ?

 

La présence d’anticorps spécifiques dans le lait maternel a été trouvée dans certaines études.

Présence d’IgG et IgA dans le lait maternel après vaccination

Une étude a montré que la vaccination de la mère entraînait la production d’anticorps chez l’enfant allaité. Dans une cohorte de 6 femmes allaitantes ayant reçu 2 doses de vaccin contre le SRAS-CoV-2, les chercheurs ont observé des niveaux significativement élevés d’anticorps IgG et IgA spécifiques du SRAS-CoV-2 dans le lait [11], 7 jours après la première dose de vaccin, avec une réponse IgG-dominante. Il s’agit de la première étude à montrer que la vaccination maternelle entraîne la production d’immunoglobulines spécifiques du COVID dans le lait maternel, immunoglobulines qui peuvent être protectrices pour les nourrissons.

Ces données sont cohérentes avec celles d’une étude d’avril 2021, sur 84 femmes, où ils ont montré une sécrétion significative d'IgA dès 2 semaines après la vaccination, suivie d'un pic d'IgG après 4 semaines (soit une semaine après le second vaccin) [12].

Présence d’anticorps dans le cordon ombilical et le lait maternel

Une étude encore plus récente parue en Mars 2021 sur le American Journal of Obstetrics and Gynecology et conduite sur 131 femmes dont 84 enceinte et 31 allaitantes ayant reçu un vaccin à ARNm a eu les mêmes conclusions : les chercheurs ont retrouvé des anticorps dans le cordon ombilical et dans le lait, ce qui suggérerait que la réponse immunitaire engendrée par le vaccin chez la mère pourrait également protéger son enfant [13].

Augmentation des anticorps IgG dans le lait maternel

Une des dernières études, datant de juillet 2021, a observé 10 mères allaitantes vaccinées avec le vaccin Pfizer [14]. Un échantillon de sang et un échantillon de lait ont été prélevés à deux reprises : la veille (T1) et 7 jours après la deuxième dose de vaccin (T2). Au T1, des anticorps anti-SARS-CoV-2 S ont été détectés dans tous les échantillons de sérum et seulement dans deux (40 %) échantillons de lait avec une faible concentration. Cette chronologie est en accord avec l'immunogénicité du vaccin Pfizer, qui a montré une augmentation dose-dépendante des IgG.  A T2, des anticorps anti-SARS-CoV-2 S ont été détectés dans tous les sérums et dans tous les échantillons de lait. 

Pas d'événements indésirables pour le nourrisson

Une étude datant de Novembre a montré qu'aucun événement indésirable grave chez la mère ou le nourrisson n'a été signalé. Après la vaccination, les taux d'IgG et d'IgM anti-SARS-CoV-2 ont augmenté de manière significative dans le plasma maternel et il y a eu un transfert significatif des anticorps IgA et IgG anti-SARS-CoV-2-Receptor Binding Domain (anti-RBD) dans le lait [15]. 

Une protection potentiellement durable sur le temps

La dernière étude en date a été exposée au Symposium sur la lactation et l’allaitement le 21 et 22 septembre 2021 [16]. Ils ont rapporté la prévalence des IgA spécifiques du SRAS-CoV-2 dans le lait de 75 participantes rétablies du COVID-19 et ont constaté que 88% des échantillons étaient positifs pour les IgA spécifiques du Spike. 

La réponse IgA sécrétoire était dominante parmi les échantillons de lait testés par rapport à la réponse IgG, qui était présente dans 75% des échantillons et dont le titre était élevé dans seulement 13% des cas. L’analyse de la durabilité des IgA à l'aide de 28 échantillons appariés, obtenus 4 à 6 semaines et 4 à 10 mois après l'infection, a révélé que tous les échantillons présentaient des IgA spécifiques de manière persistante et significative, 43% des donneurs présentant des titres d'IgA croissants au fil du temps. 

Je suis COVID positive et j’allaite, que faire ?

Si vous êtes suffisamment bien pour allaiter, continuez l’allaitement, en appliquant des mesures barrières lors des tétées. L’allaitement protégera votre bébé. Toutes les recommandations nationales et internationales encouragent les mamans porteuses du COVID-19 à poursuivre l’allaitement [17].
 

Les études publiées qui ont cherché le virus dans le lait maternel de mères infectées ne l’y ont pas trouvé. Votre enfant pourra être contaminé par une personne symptomatique ou asymptomatique, mais a priori pas par votre lait maternel.

 

“La fièvre, une légère déshydratation, le jeûne peuvent faire changer le lait d’aspect et de composition, mais comme lors de toutes les infections de type grippe, il est toujours bon, toujours nourrissant. Il s’est chargé d’anticorps pour aider votre enfant à faire face à ce virus” [18].

 

Si vous êtes très malade et incapable d’allaiter directement votre bébé, vous pouvez tirer votre lait à la main ou à l’aide d’un tire-lait. L’expression manuelle est l’option la plus sûre si un tire-lait adapté n’est pas disponible. Si vous utilisez un tire-lait, nettoyez le bien entre chaque tirage pour ne pas contaminer votre lait, et lavez vous bien les mains avant après les tirages.

 

Pour plus d’information sur le l’impact de l’allaitement sur l’immunité, allez voir notre article sur la question !

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FAQ

Quels sont les bienfaits de l'allaitement ?

L’allaitement comporte de multiples bienfaits. Tout d’abord, le lait maternel est spécifiquement adapté aux besoins du bébé, il contient également des facteurs bioactifs comme des anticorps. D’après certaines études, il aurait également des bienfaits sur la santé maternelle et sur celle de l’enfant.

Puis-je allaiter si j’ai le covid ?

Le fait d’avoir le covid ne doit pas vous faire arrêter l’allaitement. Au contraire, votre lait transmettra des facteurs protecteurs à votre bébé qui a déjà été exposé avant même que vous ne sachiez que vous étiez malade. 

Quel médicament est compatible avec l'allaitement ?

Pour connaître les médicaments compatibles avec l’allaitement, le mieux est de se rendre sur le site du CRAT.