Le saviez vous ?

Le «cycle entéro-mammaire» correspond au lait maternel qui s'adapte aux besoins immunitaires de l'enfant et le protège contre les germes pathogènes environnants en transmettant des anticorps spécifiques.

Take care mama

Si vous êtes malade, sauf certains cas exceptionnels, vous pouvez continuer d’allaiter. Votre bébé aura déjà été “contaminé” avant même que vous sachiez que vous êtes malade. Continuer l’allaitement permettra de lui transmettre des composés bénéfiques pour son immunité. 

Bénéfices

Transmis de facteurs bioactifs protecteurs
Une flore intestinale plus développée 
Possiblement moins de maladies (diarrhée, allergies, etc)

Allaitement et immunité : quel impact du lait maternel ?

Allaitement et immunité “passive”

Le lait maternel procure à l'enfant une immunité contre les bactéries et les virus. En allaitant, la mère transmet ses propres anticorps à l'enfant, les Immunoglobulines.


Les immunoglobulines maternelles présentes dans le lait apportent à l’enfant une immunité “passive”, avant que son système immunitaire ne soit plus mature. Le lait maternel contient des facteurs bioactifs qui stimulent cette maturation. Par exemple, on trouve des anticorps dans le lait dont la concentration évolue en fonction du temps et diminue de plus de 90% après un mois. Cela peut s’expliquer par le fait que bébé développe son propre système immunitaire [1].


Elles sont présentes en grande concentration dans le colostrum et encore plus particulièrement chez les mères dont les enfants sont nés avant terme.

Qu’est-ce que le cycle entéro-mammaire ?

Le lait maternel va contenir des anticorps spécifiques aux agents pathogènes présents dans l'environnement de la maman et de l'enfant. On appelle cela le «cycle entéro-mammaire». Le lait maternel s'adapte ainsi aux besoins immunitaires de l'enfant et le protège contre les germes pathogènes environnants.

Les immunoglobulines A

Le lait maternel protège contre l’adhésion et la multiplication des germes pathogènes. L’immunoglobuline est un anticorps produit au niveau des muqueuses (intestin) qui permet de neutraliser des toxines, virus, bactéries pathogènes.


La production d’anticorps IgA (Immunoglobuline A) chez le nourrisson est encore très immature. C’est pourquoi leur présence dans le lait maternel est particulièrement appréciable (on parle d’apport exogène) [2]. Ceci assure la période transitoire jusqu’au moment où l’enfant pourra produire les siens. Les anticorps tapissent la paroi intestinale, la rendant plus imperméable face aux germes. Ils forment une barrière empêchant la plupart des pathogènes de se lier aux cellules des muqueuses et de l'épiderme.

La lactoferrine

La protéine appelée lactoferrine peut se lier à deux atomes de fer. Étant donné que plusieurs bactéries pathogènes se nourrissent de fer, la lactoferrine freine leur croissance en rendant le fer non disponible. La lactoferrine est également présente dans le colostrum. 

D’autres bioactifs bénéfiques

Certains vont permettre d’empêcher la fixation des germes sur les muqueuses respiratoires, de booster des protéines clés dans les défenses immunitaires (notamment pour lutter contre l’inflammation avec les cytokines) et de détruire les germes pathogènes (le lait maternel est également riche en cellules immunitaires comme les macrophages qui phagocytent les bactéries).

Quel est le lien entre allaitement et microbiote ?

Une flore dessinée dans les premières semaines de vie

Le rôle du microbiote est critique, car il permet de reconnaître les bonnes bactéries des bactéries pathogènes.
 

Le tube digestif de bébé acquiert sa flore intestinale dès les premières minutes de sa naissance en cas d’accouchement par voie basse. Pour en savoir plus sur ce sujet, allez voir notre article sur le microbiome du nourrisson


Après cette première colonisation, le peau à peau après la naissance permet également un premier contact cutané avec les bactéries maternelles, contact qui se renouvellera avec chaque tétée si l'enfant est allaité. Par ailleurs, l'allaitement maternel façonne le microbiote intestinal au début de la vie, à la fois directement par l'exposition du nourrisson au microbiote du lait et indirectement, par le biais de facteurs du lait maternel qui affectent la croissance et le métabolisme des bactéries [3].

Le lait maternel favorise l’implantation d’une flore bactérienne protectrice

Le lait maternel contient des prébiotiques et des probiotiques, notamment des oligosaccharides, dont les plus connus étant les “Human Milk Oligosaccharides” qui stimulent la colonisation bénéfique et réduisent la colonisation par des agents pathogènes [4].

 

La marque de fabrique des enfants allaités (en bonne santé) est la présence de Bifidobactéries en grande quantité dans leur microbiote. Ces bactéries viennent du lait maternel et subsistent jusque dans l’intestin de l’enfant.

 

Les rôles des Bifidobactéries sont multiples, elles produisent des acides organiques et empêchent la croissance des bactéries pathogènes (par un effet de compétition). Des études ont également montré une interaction forte entre microbiote et TGF-béta, qui jouent un rôle dans la régulation des réponses immunitaires. Les Bifidobactéries semblent activer la production des TGF-béta.

 

Plus l'allaitement est long, plus les effets sur le microbiote seront importants. L'OMS recommande ainsi un allaitement jusqu'à deux ans.


"Le microbiote est dit "résilient", c'est à dire qu'à environ 2/3 ans, il ne bougera pas beaucoup pour le reste de la vie. Les prises de médicaments vont l'endommager plus ou moins sérieusement. Celui-ci va essayer à chaque fois de revenir à son microbiote initial, c'est-à-dire celui que l'on avait à 2/3 ans. D'où l'importance d'avoir un microbiote au top à 2 ans."  (Lynda, conseillère IBCLC)

Un système gastro-intestinal plus protégé

L’allaitement est le meilleur moyen de protéger le bébé des infections. Chez les bébés allaités, les gastro-entérites sont moins sévères et moins longues [5]. Il y aurait 3 fois moins de diarrhées graves que chez les bébés nourris au biberon, 4 fois moins de risque de présenter une méningite, 10 fois moins de risque d'être hospitalisés pour une infection bactérienne sévère.

Quel est le lien entre allaitement et allergies ?

Alors qu’on a longtemps cru que pour prévenir des allergies en cas d'antécédents familiaux, il fallait éviter ces allergènes lors de la grossesse ou de l’allaitement, des études récentes montreraient que la consommation de ces allergènes par la mère pourrait prévenir les réactions allergiques. Le transfert des antigènes via le lait maternel en favorise l’acceptation par l’organisme du bébé [6].

 

D’autre part, si la maman est exposée à des antigènes dans l’air (ex: pollen..), le lait maternel contient alors des immunoglobulines spécifiques à cet antigène, qui provoque chez lui la production de cellules le rendant plus tolérant, expliquant  une diminution de l’asthme allergique chez les bébés allaités.


Allez voir notre autre article sur les Bienfaits de l’allaitement.

Allaitement et coronavirus (et autres infections respiratoires)

En cette période de crise sanitaire, il est important de maintenir l’allaitement ! C’est le moyen le plus efficace pour protéger votre bébé.
 

L’OMS a récemment publié un document pour les personnes présentant des symptômes du nouveau coronavirus:
“Compte tenu des avantages du lait maternel et de son rôle insignifiant dans la transmission d’autres virus respiratoires, la mère peut continuer à allaiter. La mère doit porter un masque médical lorsqu’elle est à proximité de son nourrisson et respecter soigneusement les gestes d’hygiène des mains avant tout contact étroit avec celui-ci. Elle doit aussi appliquer les autres mesures d’hygiène [type lavage fréquent des mains].”

Il faut maintenir la lactation, le bébé a tout dans les cas été exposé au virus

La Leche League International a également conseillé la poursuite de l’allaitement, même lorsque la maman est infectée par un virus respiratoire.


En effet, le nourrisson aura déjà été en contact avec le virus par le biais de la mère ou d’un membre de sa famille et le fait de continuer l’allaitement maternel aurait donc plus de bénéfices que de risques. Le lait maternel contient des composants immunitaires pouvant le protéger du virus.

Il y a des risques à l’arrêt brutal de l’allaitement

La Leche League souligne également les risques d’un changement dans l’allaitement :
- traumatisme émotionnel pour le bébé comme la maman et un risque accru que l’enfant tombe malade sans la protection immunitaire apportée par l’allaitement (en cas d’arrêt soudain)
- des problèmes de lactation et un futur refus du sein en cas d’introduction du biberon
- une diminution de l’immunité (le lait tiré ne correspondant pas exactement aux besoins spécifiques à un moment donné)


Bien sûr, s’il est nécessaire d’interrompre l’allaitement pour des raisons médicales, pour soigner la maman, dans ces cas-là le tirage de lait est toujours recommandé.

Et le vaccin covid 19 ?

Il est possible de se faire vacciner tout en allaitant. Le lait maternel transmettrait même des facteurs protecteurs au bébé. Pour en savoir plus, allez voir notre article sur Covid 19 et allaitement

En conclusion

Votre lait n’est pas seulement nourrissant, il contient également de nombreux facteurs bioactifs qui vont être particulièrement intéressants pour sa santé. A travers votre lait maternel, vous transmettez votre immunité à votre bébé. 


Merci à nos experts et consultantes IBCLC Julie Longy et Lynda pour leurs conseils et leur relecture !

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FAQ

Quels anticorps passent dans le lait maternel ?

De nombreux anticorps sont présents dans le lait maternel. Parmi eux, on trouve les Immunoglobulines A (ou IgA). Ces anticorps sont particulièrement présents dans le colostrum, le premier lait.

Est-ce que je peux allaiter en ayant le covid ?

Le fait d’avoir le covid ne doit pas vous faire arrêter l’allaitement. Au contraire, votre lait transmettra des facteurs protecteurs à votre bébé qui a déjà été exposé avant même que vous ne sachiez que vous étiez malade. 

Comment booster l’immunité ?

Pour booster l’immunité essayez d’avoir une alimentation variée et équilibrée. Faites le plein d’antioxydants (dans les fruits rouges par exemple), de vitamine D ou de magnésium.