Mythes et césarienne : stop aux idées reçues !
Mythes de la césarienne : qu'en est-il ?
La césarienne est une intervention chirurgicale permettant l'accouchement par incision de l'abdomen et de l'utérus. En France, près d'une femme sur cinq donne naissance à son enfant par césarienne.
Pour l’allaitement après une césarienne :
Faire du peau à peau en illimité.
Demander de l’aide pour trouver des positions d’allaitement confortables.
Si vous prenez des anti-douleurs, regardez sur le CRAT s’ils sont compatibles allaitement.
Vous pouvez mettre en route la lactation via une expression manuelle ou avec un tire lait.
Petit point sur la césarienne
Césarienne programmée
Césarienne en urgence
Mythes et césarienne : 10 idées reçues
Ce n’est pas un vrai accouchement - FAUX
“L'accouchement est l'action de mettre un enfant au monde”, que ce soit par césarienne ou par voie basse. Bien que les sensations entre un accouchement par voie basse et une césarienne soient différentes, une césarienne reste un accouchement.
Lors d’une césarienne avec anesthésie péridurale ou rachianesthésie, vous êtes consciente, vous pouvez percevoir des sensations de toucher mais sans douleur.
Enfin, selon les établissements, il n’est pas rare que la maman soit invitée à pousser pendant l’accouchement par césarienne afin de participer à la naissance de son enfant, ou encore que le champ opératoire soit baissé pour assister à sa venue au monde.[3]
Il n’y a pas d’accompagnant possible ou pas de contact avec bébé lors d’une césarienne - FAUX
Dans la plupart des cas, que ce soit lors d’une césarienne programmée ou en urgence, l’accompagnant peut être présent. La plupart du temps une césarienne est effectuée sous anesthésie loco-régionale (rachianesthésie ou anesthésie péridurale).
Le père est amené à s’habiller en tenue de bloc opératoire et peut assister à l’accouchement par césarienne en restant à côté de la tête de la mère. Après l'accouchement, le personnel soignant vient déposer bébé sur la poitrine de la maman afin de créer un lien “mère-bébé”. De plus, un peau à peau peut être proposé au père , créant ainsi le lien “père-bébé”, en attendant que la césarienne se termine. A la fin de l’intervention, la mère peut avoir son bébé quelques minutes, avant d’aller en salle de réveil pour deux heures de surveillance. La majorité des maternités n’autorisent pas les bébés en salle de réveil.
Si une anesthésie générale est nécessaire, à ce moment-là, il n’y a pas d’accompagnant. Elle peut être programmée dans de rares cas. En urgence, elle est réalisée si le degré de l’urgence ne permet pas la rachianesthésie et qu’il n’y a pas de péridurale déjà mise en place. A ce moment-là, le papa n’est pas autorisé à entrer au bloc et la mère ne verra bébé qu’à son réveil. En attendant, le bébé est pris en charge par l’équipe médicale puis le papa.[4] Le pourcentage d’utilisation de l’anesthésie générale a décliné pour arriver à moins de 6% des césariennes.[5]
En résumé, que ce soit une césarienne programmée ou non en anesthésie loco-régionale, il suffit d’échanger avec l’équipe soignante (notamment les sages-femmes), afin d’exprimer vos souhaits. [6]
Si j’ai une césarienne c’est forcément de ma faute - FAUX
Une césarienne peut être pratiquée pour beaucoup de raisons : cordon autour du cou, hémorragie du placenta, bébé avec un poids trop important, accouchement avant le terme avec complications, mauvaise position de l’enfant, jumeaux, mère porteuse d’un virus… Tout ceci ne dépend évidemment pas de vous et l’essentiel est que vous et votre bébé alliez bien. Un accouchement parfait, c’est un accouchement où on s’est senti en confiance, où on nous a expliqué les risques et les bénéfices des interventions, où tout se finit bien.
La césarienne est moins fatigante - FAUX
La césarienne reste un acte chirurgical, ce qui signifie qu’il y a un temps de repos plus long et généralement plus fatiguant. La cicatrice met du temps à se soigner, elle génère également de la douleur pendant la convalescence.
Le ventre a été ouvert sur 4 couches, il doit donc également prendre le temps de cicatriser, il y a des agrafes et souvent il est compliqué de s'asseoir ou se tenir debout les premiers jours, il faut réapprendre à se servir de ses abdominaux. De plus, la cicatrice laissée en bas du ventre demande des soins particuliers.
Si la césarienne a été faite en urgence, ou si elle est liée à une pathologie maternelle ou du fœtus, le séjour à la maternité peut également être plus long, pour surveiller tous les facteurs et avoir une prise en charge renforcée.[7]
On n’a pas besoin d’une rééducation du périnée avec une césarienne - FAUX
Si le bébé, comme lors d’un accouchement par voie basse, n’a pu causer un relâchement des tissus du périnée lors de son passage, il a été bien sollicité durant la grossesse. L’utérus a grossi, faisant pression sur la vessie, tandis que le fœtus a lui aussi pris du poids, de jour en jour, appuyant inexorablement sur le bas-ventre, et donc sur le plancher pelvien qui s’est distendu. De fait, avant même l’arrivée de bébé, le périnée est déjà largement affaibli.
La cicatrice d’une césarienne est très grosse - VRAI ET FAUX
La cicatrice d’une césarienne n’est pas anodine mais aujourd’hui, grâce au progrès médical, les cicatrices sont les plus petites possible et recousues telle qu’elle soit le moins visibles possible par la suite. Elles se situent le plus près possible du pubis et mesurent généralement entre 10 à 15 centimètres.
Une première césarienne se suit forcément d’une seconde césarienne - FAUX
La probabilité d’avoir une seconde césarienne si vous en avez déjà subi une est certes plus importante, mais pour autant elle est loin d’être de 100% !
A l’époque, les médecins s’inquiétaient de la fragilité de la cicatrice utérine mais aujourd’hui on sait que le risque de rupture utérine est extrêmement faible. Même les autorités de santé françaises recommandent une tentative d’accouchement vaginal après une césarienne si cela est possible.[8][9] On parle alors d'un accouchement vaginal après une césarienne (AVAC). Les femmes qui n'ont pas de grossesse à risque et qui sont généralement en bonne santé sont souvent candidates à un AVAC.
Une femme sur 2 ayant eu une césarienne aura de nouveau une césarienne. Si un essai d’accouchement par les voies naturelles est proposé après une césarienne, 7 fois sur 10 ce sera un succès.[10]
Les risques sont moindres avec une césarienne - VRAI ET FAUX
Des risques sont présents quel que soit le type d’accouchement. Il existe des risques spécifiques à la césarienne, et des risques partagés avec un accouchement par voie basse.
Parmi les risques spécifiques, on retrouve tout ce qui a rapport avec la chirurgie. Par exemple : une lésion d’organes proches de l’utérus (vessie, voies urinaires, intestin ou vaisseaux sanguins) nécessitant une prise en charge spécifique. Il est important de souligner que la majorité des césariennes se passe sans complications, et l’extrême majorité sans complications majeures.
Les jours suivants la césarienne, un hématome ou une infection (abcès) de la cicatrice sont possibles, ce qui nécessite une surveillance particulière.
Lors d’une grossesse après une césarienne, les principaux risques sont l’échec d’un accouchement par voie basse ou une rupture utérine (rare) (déchirure de la cicatrice sur l’utérus), ou encore un mauvais positionnement du placenta (accolement au niveau de la cicatrice, placenta accreta) [11].
D’autres éléments sont à surveiller quelle que soit la voie d'accouchement :
L’involution utérine : L’utérus reprend petit à petit son volume et sa place grâce à des contractions plus ou moins importantes, appelées tranchées. Ceci peut durer jusqu’à 6 semaines entraînant des pertes de sang appelées lochies qui vont durer environ un mois, et dont la quantité va diminuer progressivement. Ces deux phénomènes témoignent de la remise en place de votre corps après l’accouchement et sont totalement normaux. L’allaitement, par le biais de la sécrétion d’ocytocine, peut d’ailleurs accélérer le processus.
La reprise du transit avec les premiers gaz ou premier retour des selles, cela peut prendre plusieurs jours et dépend aussi de l’alimentation.
L’apparition d’une infection (urinaire ou utérine), avec surveillance de la température notamment.
La thrombose veineuse profonde, communément appelée phlébite. Les membres inférieurs sont examinés à la recherche de rougeurs, oedèmes, chaleur, douleur. En prévention, il est recommandé de porter des bas de contention (bien que les récentes études ne montrent pas de bénéfice...). Une injection d’anti-coagulant quotidienne peut être prescrite pour une durée variable en fonction de votre situation.
Après le retour à domicile, si des douleurs, des saignements, des vomissements, de la fièvre ou toute autre symptômes suspects apparaissent, il est conseillé d’aller directement consulter un professionnel de santé.[12]
Le nombre de césariennes est limité - VRAI ET FAUX
Les risques augmentent au fur et à mesure que les césariennes se multiplient, surtout après 3 ou 4 césariennes. Le tissu cicatriciel se formant sur votre utérus après la césarienne reste assez fragile. Plus il est recousu, plus la probabilité de problèmes d’implantation de placenta (placenta accreta, développement à travers la cicatrice) ou encore de lacérations de la vessie, de complications intestinales, d'infections ou saignements augmentent [13].
Il s'agit de risques qu’il faut prendre en considération pour envisager une nouvelle grossesse.
Les cours de préparation à l’accouchement ne sont pas aussi importants si j’ai une césarienne - FAUX
Les cours de préparation à l'accouchement sont maintenant appelés plus justement, “cours de préparation à la naissance et à la parentalité”. L’accouchement par voie basse ne représente qu’une petite partie de ces cours, et la césarienne y est aussi abordée. De plus, ce qui caractérise la naissance c’est l’imprévu, alors peu importe le projet, peu importe le programme, mieux vaut s’informer sur toutes les possibilités !
Si je n’ai pas pu faire du peau à peau immédiatement après la naissance, c’est trop tard - FAUX
Il n’est jamais trop tard pour le peau à peau !
Il ne faut pas hésiter à le demander à l’équipe soignante.
On ne peut pas allaiter après une césarienne - FAUX
Il est tout à fait possible d’allaiter après une césarienne. Cependant, il est vrai que plusieurs facteurs aidant la mise en place de l’allaitement peuvent manquer : peau à peau immédiat et prolongé, première tétée dans la première heure, corps de la femme baigné dans l’ocytocine lors du travail, la césarienne peut aussi entraîner des difficultés à se positionner pour la mise au sein.
Heureusement, tout cela est surmontable ! Premièrement, dès que c’est possible, faire du peau à peau en illimité. Demander de l’aide pour se mobiliser, pour trouver des positions d’allaitement confortables, sans appui sur la cicatrice de césarienne.
Il faut savoir que la montée de lait, dans ce contexte, peut survenir un peu plus tard que pour un accouchement par voie basse (5ème jour versus 2 ou 3ème). C’est le moment de persévérer et de continuer à câliner votre bébé pour sécréter un maximum d’ocytocine !
A noter que vous pouvez tout à fait allaiter et prendre des anti-douleurs pour vous soulager. Consultez le site du CRAT pour plus d’informations sur les médicaments compatibles allaitement.
Si vous avez une césarienne programmée, vous pouvez faire avant un peu d’expression manuelle pour recueillir du colostrum à conserver dans une seringue que le deuxième parent pourra donner à bébé quand vous serez en salle de réveil.
Si vous êtes séparée de votre bébé (il a besoin de soins, il est prématuré…), vous pouvez mettre en route la lactation quand même, via une expression manuelle (le plus efficace) ou sinon en demandant un tire lait.
Un grand merci à Julie, sage femme, qui nous a aidées dans la rédaction de cet article !
https://www.instagram.com/ju.sagemam/