Hémorragie accouchement ou du post partum
Hémorragie accouchement, hémorragie post partum ou bien hémorragie de la délivrance, est l’une des complications obstétricales les plus redoutées. En général, la personne qui en a subi une met plus de temps à se remettre de son accouchement.
Mais qu'est-ce que c'est ? Quelles sont ces causes ? Une prévention est-elle possible ?
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- 01. Hémorragie accouchement : qu’est-ce que c’est ?
- 02. Quelles sont les causes de l’hémorragie à l’accouchement ?
- 03. Quels sont les facteurs de risques de l’hémorragie à l’accouchement ?
- 04. Peut-on prévenir l’hémorragie de l’accouchement ?
- 05. J’ai fait une hémorragie à l’accouchement, comment je m’en remets ?
Après la naissance, lorsque que le bébé est sorti, le placenta se détache progressivement pour être expulsé. Cette phase s’accompagne de saignements modérés qui cessent mécaniquement lorsque l’utérus commence sa rétractation. Le fait de saigner après l’accouchement est donc normal, mais c’est le fait de trop saigner qui peut être dangereux.
Plus de 500 mL de sang perdu
En France, on parle d’hémorragie accouchement, ou du post partum (HPP) ou bien de la délivrance, quand la perte de sang utérine est supérieure à 500 mL (2 tasses) dans les 24h qui suivent l’accouchement.
Toutefois, dans beaucoup de pays, la perte de sang utérine doit être de plus de 1000 mL (4 tasses)[1].
Par exemple, quand on va donner son sang, on nous prélève entre 420 et 480 ml. Pour la plupart des personnes en bonne santé, cela est notamment bien toléré.
D’autre part, l’augmentation de volume sanguin lors de la grossesse (environ 1250 ml) protège relativement des effets de saignements après l’accouchement.[2]
Quand se produit l’hémorragie de l’accouchement ?
Elle se produit habituellement au moment de l’accouchement ou bien dans les 2 heures qui suivent la naissance. Elle peut cependant être plus tardive, et se produire plus de 24 heures et jusqu’à 12 semaines après l’accouchement.
Un phénomène pas si rare et dangereux
L’hémorragie de la délivrance concernerait entre 2 et 10 % des femmes qui accouchent. Ce chiffre est variable selon les études et les pays. D'après une étude récente aux Pays-Bas sur 2.5 millions de femmes entre 2000 et 2013, le taux d'hémorragie à l'accouchement a augmenté de 4.1% à 6.4%[3].
Heureusement, elle est souvent légère et prise en charge rapidement la plupart des cas. C’est pourtant la première cause de mortalité maternelle en France.
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Les causes principales d’hémorragie à l’accouchement sont notamment :
- Un utérus qui ne se contracte pas ou mal (atonie de l’utérus). Cela représenterait notamment 70% à 80% des cas.
- La rétention d’une partie du placenta qui est demeurée fixée à l’utérus. L’utérus n’étant pas totalement vidé, sa rétraction ne se produit donc pas. Les tissus restants doivent être sortis pour stopper les saignements.
- Une déchirure, une épisiotomie, qui doivent être “réparées” pour stopper le saignement
- Un trouble de la coagulation : celui-ci peut être existant ou survenir durant la grossesse (taux de plaquettes bas, pré-éclampsie…)[4], même si l’on estime que c’est une cause la moins fréquente.
Plus de la moitié des cas sont imprévisibles, et il n’existe aucun moyen fiable de les prévoir.
Il existe cependant des facteurs de risques qu’il peut être intéressant de connaître, et de discuter avec sa sage femme ou son gynécologue. Certains facteurs peuvent notamment être identifiés avant l’accouchement, et d’autres le seront uniquement lors de l’accouchement [5],[6],[7],[8],[9].
Hémorragie accouchement : les facteurs identifiés avant
- Avoir un placenta qui couvre une grande partie de l’ouverture du col (placenta praevia) qui augmente la rétention d’une partie du placenta
- Des fibromes dans l’utérus
- Plus de 5 naissances
- Une grossesse gémellaire
- Une pression sanguine élevée au cours de la grossesse
- Avoir une soeur ou une mère ayant eu une HPP
- Un accouchement précédent avec une césarienne ou une opération de l’utérus
- Avoir une condition dénommée polyhydramnios (trop de liquide amniotique)
- Avoir <20 ans ou > 35 ans
- Être primipare, surtout si on a son bébé plus tard
Hémorragie accouchement : les facteurs identifiés après
- Une déchirure du périnée du troisième ou quatrième degré
- Une partie du placenta qui est demeurée fixée dans la cavité utérine durant un certain temps après l’accouchement
- Avoir accouché avec des forceps/ventouse
- Déclenchement médicamenteux avec notamment une perfusion d’ocytocine de synthèse, ce qui peut conduire à un “essoufflement “de l’utérus. Des accouchements avec des contractions utérines très rapprochées et très rapides sont également en cause.
- Une épisiotomie
- Accoucher d’un “gros” bébé (> 4.5 kg)
Quelques facteurs peuvent notamment être pris en compte dans la prévention de l’hémorragie de la délivrance.
Éviter les déclenchements inutiles
Un déclenchement avec de l’ocytocine de synthèse et un usage prolongé de cette hormone de synthèse sont considérés comme des facteurs de risque pour l’atonie utérine.[10]
En effet, cette hormone de synthèse va provoquer des contractions utérines plus fréquentes, plus longues et plus fortes que celle naturelle sécrétée par le corps, augmentant ainsi la possibilité d’un "essoufflement” des muscles utérins.
Mettre bébé en peau à peau tout de suite après la naissance et l’allaiter
Le fait de mettre tout de suite son bébé en peau à peau pourrait notamment favoriser la production d’ocytocine. Avec le peau à peau, c’est aussi la mise en place de l’allaitement qui est facilité. Or celui-ci permet, en stimulant les seins, de contracter l’utérus, lui permettant de retrouver sa taille normale plus rapidement, diminuant ainsi le saignement.
D'après une étude randomisée parue en 2018 sur 108 naissances, la stimulation des seins a des effets similaires à un traitement à l’ocytocine de synthèse durant la troisième phase du travail [11]. Cette hormone de synthèse est souvent employée pour réduire le saignement. D’autre part, les mères qui ont eu une stimulation des seins (avec un tire lait dans l’étude), ont rapporté moins de douleurs post partum et ont eu une meilleure expérience de leur accouchement.
D'après une revue Cochrane, une stimulation des seins avant l’accouchement pour enclencher le travail pouvait prévenir dans une certaines mesure les saignements importants. Le taux d’hémorragie de la délivrance avec la stimulation était de 0.7% vs. 6% sans stimulation[12].
Les chercheurs ont pu mesurer les niveaux d’ocytocine dans la salive avant et après la stimulation des seins et ont ainsi pu montré que les niveaux naturels grimpaient bien après.[13]
Améliorer la prise en charge
Pour estimer la perte sanguine, les professionnels de santé utilisent une estimation visuelle. D’après les études, en moyenne, des plus petits volumes de sang sont souvent sur-estimés, quand des pertes plus importantes tendent à être sous-estimées[14]. Il est cependant possible de collecter tous les saignements lors de la troisième étape du travail (sauf le placenta et les membranes), afin de mesurer plus précisément les pertes.
L’OMS (Organisation mondiale de la Santé) a notamment émis des recommandations pour diminuer le risque d’hémorragies. La consultation entre des experts a abouti à la définition de deux ensembles de soins à mettre en œuvre dans les établissements. L'ensemble « première réponse » comprend notamment des utérotoniques, des cristalloïdes isotoniques, de l'acide tranexamique et un massage utérin. L'ensemble de mesures en cas d'HPP réfractaire comprend ensuite des mesures de compression (compression aortique ou bimanuelle de l'utérus), le vêtement antichoc non pneumatique et le tamponnement par ballon intra-utérin. La sensibilisation, la formation, le travail d'équipe, la surveillance, la communication et l'utilisation des meilleures pratiques cliniques ont été définis par l’OMS comme des éléments de clé de prise en charge [20].
D’après une étude récente de 2023, la prévention des hémorragies serait possible en regardant certains paramètres chez la patiente [21]. L'intervention comprenait un drap de prélèvement sanguin calibré pour la détection précoce de l'hémorragie et un ensemble de traitements de première réponse (massage utérin, perfusion ocytocique, acide tranexamique, fluides intraveineux, examen et surveillance). L'hémorragie du post partum a ainsi été détectée chez 93,1 % des patientes du groupe d'intervention et chez 51,1 % de celles n’ayant pas eu ce suivi et ces interventions. Cela a donc permis une réduction de 60% des hémorragies graves.
Faire le plein d’aliments naturellement riches en vitamine K
Beaucoup pensent que les femmes enceintes qui présentent un déficit en vitamine K seraient plus à risque de vivre une hémorragie de la délivrance. Sans vitamine K, le sang ne peut pas coaguler normalement, ce qui peut donc vouloir dire mettre du temps à coaguler ou tout simplement ne pas coaguler du tout.
Les troubles de la coagulation ne représentent cela dit qu'une minorité des cas d'hémorragie à l’accouchement. Une étude sur les femmes en post partum n’a pas pu montrer de lien entre une supplémentation de vitamine K pendant la grossesse et l’HPP [15]. Mais le fait de faire le plein d’aliments naturellement riches en vitamine K ne peut pas vous faire de mal !
Les apports quotidiens estimés sont de 60 µg pour un adulte ou une femme enceinte ou allaitante et de 50µg pour les enfants. Traditionnellement, nous consommions plus d’aliments riches en vitamine K, notamment K2 comme les aliments fermentés, les jaunes d’oeuf, mais c’est moins le cas maintenant[16]. Le corps ne stocke que très peu la vitamine K, les réserves sont donc constamment renouvelées[17].
Vous aurez votre dose quotidienne dans : 10 g de chou kale, 15 g de persil, 25 g d’épinards, 30 g de chou de Bruxelles 45 g de brocolis ou bien 110 g de choucroute [18].
Le tisane d’ortie est aussi source de vitamine K (100g d’ortie cuite procurent 498 mcg de vitamine K), et d’autres minéraux comme le calcium, le fer, le magnésium[19]. Faire infuser 2 à 5g de feuilles d’ortie séchées pendant une dizaine de minutes, en prenant bien soin de poser un couvercle sur la tasse. A boire 3 fois par jour en fin de grossesse !
En général, les personnes qui ont eu des hémorragies lors de leur accouchement mettent plus de temps à se rétablir. Certains traitements peuvent être administrés à la clinique ou à l’hôpital. Parlez-en avec votre professionnel de santé (sage-femme, gynécologue) pour vous faire accompagner.
Il est possible que vous souffriez d’une carence en fer à la suite de la perte sanguine, soit d’une anémie ferriprive.
Le « baby blues » ou « dépression post partum » peut toucher n’importe qui, mais vous aurez plus de chance de souffrir d’une dépression post partum après une hémorragie à l’accouchement. Certains symptômes sont identiques avec une anémie ferritine et il peut ainsi être difficile de les distinguer. Il ne faut donc pas hésiter à en parler avec votre médecin ou sage femme pour vous faire aider. Pour plus d’info sur le baby blues, consultez notre article écrit par une psychiatre.
Se reposer
Il est important de se reposer le plus possible.
Faire le plein de fer
Même si vous prenez des suppléments de fer, votre alimentation doit rester une source de fer importante. Certaines personnes ayant subi une HPP racontent notamment avoir eu très faim au cours des semaines suivantes.
Des idées :
- Si vous mangez de la viande, prenez un peu de viande rouge
- Les produits de la mer comme les huîtres sont également riches en fer
- Les lentilles sont également riches en fer
- Le beurre d’amande : Deux cuillères à soupe de beurre d'amande contiennent notamment autant de fer qu’une portion de poulet !
Astuce : consommer des aliments avec de la vitamine C pour ainsi aider votre corps à absorber le fer. Par exemple un jus de citron sur votre poisson, du persil sur vos lentilles, des fraises avec du beurre d’amandes.
Nos vitamines post partum Post essentials sont riches en vitamine C.
Parler de votre accouchement
Il peut être important de parler de votre expérience avec votre sage-femme ou gynécologue, et de ne pas hésiter à lui poser toutes les questions sur ce qui s’est passé, comment ils ont réagit et quel a été le traitement reçu.
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Happy post partum, le complément alimentaire post partum à base de plantes pour réduire les douleurs et saignements. Il contient également du safran, bénéfique pour l’humeur. A mettre dans sa valise de maternité.
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