Le curieux impact du COVID sur les naissances prématurées
Les causes de la prématurité sont encore largement inconnues. D’un point de vue immunitaire, la grossesse est un moment particulier. C’est un équilibre à trouver pour notre organisme : faire grandir un fœtus (un corps finalement “étranger”), repousser les infections, et en même temps, ne pas causer une réaction immunitaire trop forte qui pourrait impacter le fœtus...
La seule chose que les scientifiques peuvent affirmer, c’est que pour diminuer le risque de prématurité, il faut être en bonne santé, et que la cigarette tout comme le diabète gestationnel ont des conséquences négatives sur la grossesse. Mais pour le reste, la prématurité reste souvent multifactorielle.
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En Irlande, -73% de prématurés
Au Danemark, 90% de naissances prématurées en mois
Diminution de 43% peu après le confinement
Diminution des urgences obstétricales
Les hypothèses les plus évoquées
Parmi les hypothèses de cette baisse :
- une réduction de la pollution de l’air,
- moins d'infections et de germes pathogènes qui circulent avec les gestes barrières et l’isolement,
- une réduction du stress lié au travail ou aux déplacements domicile-travail,
- une réduction de l’activité (notamment debout, trop physique), qui quand elle est trop intense, accroît le risque de prématurité,
- un allongement du congé maternité, notamment avant l’accouchement.
L’hypothèse de la pollution atmosphérique réduite serait à ce jour la plus évoquée, car plusieurs études ont pu montrer que la pollution augmente le risque d’accouchement prématuré [9].
L’autre hypothèse
Avec le COVID, on a vu également une diminution des visites prénatales, des checks up en présentiel. Ce pourrait-il qu’une certaine proportion des naissances prématurées seraient dû à une intervention médicale ? Comme si une réduction des prises en charge et des diagnostics avait conduit à moins de traitement/d’interventions, et paradoxalement avait aussi conduit à une augmentation des grossesse à terme. L’hypothèse serait que l’absence de suivi aurait conduit à moins d’interventions non nécessaires, quand parfois rien faire s’avérait être la meilleure action…
A suivre !
Ce phénomène ne doit pas masquer le fait que l’infection au COVID reste problématique chez les femmes enceintes, en raison de l’augmentation du risque de prématurité et du risque de développer des formes graves.
Dans une étude Américaine parue en Novembre 2020 il apparaît que le taux de prématurité chez les enfants était plus élevé pour ces grossesses (12.9% versus 10.2% habituellement) [10].
Une autre étude sur 400,000 femmes entre 15 et 44 ans, enceintes, positives au COVID 19 et symptomatiques [11], a montré que les femmes enceintes étaient plus à risque de développer des formes graves.
Une hypothèse serait que la grossesse entraîne des changements physiologiques qui augmenteraient les risques (changements dans la réponse immunitaire, réduction des capacités respiratoires, risque plus élevé d’avoir des caillots de sang ou de faire des thromboses…).
Pas de raison de paniquer cependant, mais on fait encore plus attention enceinte !
Si vous souhaitez creuser le sujet de l'immunité, retrouvez notre article sur l'Allaitement et l'immunité.
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