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Entre 30 et 40 % des femmes atteintes d’endométriose seront confrontées à l’infertilité dans leur parcours pour avoir un enfant.

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Il peut être plus difficile de tomber enceinte avec de l’endométriose mais cela n’est pas impossible pour autant. Il ne faut pas perdre espoir et être bien accompagnée.

MYTHE

La grossesse ne guérit pas l’endométriose !! 

Grossesse et endométriose : ce qu’il faut savoir

Quels sont les effets de l’endométriose sur la conception ?

Avec les douleurs et la fatigue, l’infertilité est l’un des symptômes principaux de l’endométriose. Entre 30 et 40 % des femmes atteintes d’endométriose seront confrontées à l’infertilité dans leur parcours pour avoir un enfant.

 

C’est d’ailleurs bien souvent lors de difficultés à concevoir et du bilan de fertilité que les femmes, sans symptôme apparent, découvrent qu’elles sont atteintes d’endométriose. L’endométriose est la première cause d’infertilité féminine.
 

Il est cependant extrêmement important de rappeler que l'endométriose n'est pas une fatalité. Prises en charge efficacement, de nombreuses femmes parviennent à tomber enceintes naturellement ou avec l’aide de la médecine.

 

Quels sont les impacts directs de l’endométriose sur la fertilité féminine ?


Les difficultés à débuter une grossesse s’expliquent par plusieurs causes relatives à l’endométriose.

Les adhérences

Elles correspondent à du tissu cicatriciel résultant des saignements répétés et de l’accolement des organes présents dans le petit bassin. Ce tissu cicatriciel peut changer la forme et la position des organes et notamment empêcher la bonne mobilité des trompes de Fallope réduisant de facto les chances de fécondation.

L’inflammation

Le liquide contenu dans le bassin (ou fluide péritonéal) des femmes atteintes d’endométriose contient plus de molécules inflammatoires (cytokines et prostaglandines) qui créent un environnement toxique pour les cellules et peuvent endommager l’ovule, le sperme et l’embryon.

Les kystes ovariens

Ils peuvent réduire la fertilité en diminuant la production d’ovocytes par les ovaires.

Les anomalies endocriniennes et ovulatoires

La maturation de l’ovocyte et le processus d’ovulation semblent être modifiés chez les femmes atteintes d’endométriose. Les statistiques montrent que 17 % des femmes souffrant d’endométriose n’ovulent pas[1].

Une plus faible réceptivité endométriale

L’endomètre (la paroi qui tapisse l’intérieur de l’utérus) fabrique entre le jour 20 et le jour 24 du cycle féminin des protéines appelées intégrines qui permettent l’adhésion de l’embryon au sein de l’endomètre. Or, chez certaines femmes atteintes d’endométriose, la réceptivité endométriale est compromise, car elles ne produisent pas l’intégrine alpha v béta 3 essentielle à l’implantation. Cette dysfonction utérine peut réduire les taux de fertilité féminine. Cependant, plus de recherches sont nécessaires afin de déterminer le traitement approprié[2].
 

Il faut savoir que les difficultés de fertilité ne sont pas proportionnelles à l’étendue des lésions et au degré de gravité de la maladie. Le pronostic de grossesse n’est pas nécessairement meilleur chez la femme qui a quelques foyers indolores que chez celle dont la maladie est plus douloureuse et étendue.
 

Pour en savoir plus sur les impacts de l’endométriose sur la fertilité, vous pouvez consulter notre article : Tomber enceinte avec l'endométriose.

Quels sont les impacts indirects de l’endométriose sur la fertilité féminine ?

Le traitement de base recommandé par le Collège national des gynécologues obstétriciens français (CNGOF) pour soulager les douleurs d’endométriose repose sur la prise d’un traitement hormonal[3].

 

Le fait d’avoir pris la pilule comme traitement pour soulager les douleurs pendant de longs mois voire de longues années peut également être une source de difficultés à concevoir pour plusieurs raisons.

 

Suppression du cycle menstruel

La femme se retrouve en état de ménopause artificielle. Le cycle peut mettre un temps certain à se remettre en place et permettre une grossesse.

 

Déficiences nutritionnelles

La pilule peut créer des déficiences en nutriments importantes (magnésium, zinc, sélénium, vitamines B2, B6, B9, B12, C, E). Parmi ces nutriments, certains sont indispensables pour une fertilité de qualité. Prendre la pilule peut avoir comme cause secondaire d’amoindrir la fertilité féminine.

 

Perturbation de la thyroïde

La pilule affecte le fonctionnement de la thyroïde : la thyroïde est une glande endocrine qui sécrète des hormones indispensables à la survenue et au maintien de la grossesse.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter l’article de blog « Pilule et endométriose : vraie solution ou fausse amie ? »

 

La fécondation in vitro

La deuxième option proposée par la médecine allopathique est l’assistance médicale à la procréation et tout particulièrement la fécondation in vitro (FIV). Il faut savoir qu’en cas d’endométriose, le nombre d’ovocytes recueillis lors de la stimulation ovarienne semble plus faible, notamment en cas d’endométriose sévère. Par ailleurs, les études sur la stimulation de l’ovulation pour FIV ne montrent pas d’aggravation des symptômes liés aux lésions d’endométriose, ni d’accélération de son évolution ou d’augmentation du taux de récidive de la maladie[5].

 

Quelles sont les options thérapeutiques complémentaires ?

Les options thérapeutiques complémentaires et naturelles sont très nombreuses pour optimiser la fertilité des femmes d’endométriose : naturopathie, ostéopathie, kinésithérapie, micronutrition, nutrithérapie, fasciathérapie, psychothérapie, acupuncture, ayurvéda, kinésiologie, etc.

 

Elles peuvent avoir un effet sur l’inflammation, le stress oxydatif, l’immunité, les adhérences, les anomalies endocriniennes, l’émotionnel, les mémoires transgénérationnelles, etc.
 

Elles ne s’envisagent bien entendu qu’en complément d’un suivi médical.

Quels sont les impacts de l’endométriose durant la grossesse ?

L’endométriose affecte la physiologie féminine de nombreuses manières et peut donc interférer avec la grossesse. En effet, en provoquant l'inflammation de l'endomètre ou en résistant à l'action de la progestérone pendant l'implantation et tout au long de la grossesse, l'endométriose peut perturber le cours normal de la grossesse de différentes manières.

 

Les femmes enceintes qui souffrent d’endométriose doivent être plus étroitement surveillées que les autres durant leur grossesse.

Les impacts de l’endométriose sur la grossesse

Le fait d’être atteinte d’endométriose peut avoir certaines conséquences durant la grossesse :

  • Les risques de fausse-couche quand on est atteinte d’endométriose ou d’adénomyose sont plus élevés,
  • Il existe plus de risques d’accoucher par césarienne,
  • Les risques de naissance prématurée (avant 37 semaines de grossesse) sont plus nombreux,
  • Il y a plus de risque de placenta praevia ou placenta bas inséré (placenta situé sur le col de l’utérus et empêchant une naissance par les voies naturelles),
  • Les bébés ont à la naissance une taille plus faible[6].

 

L’endométriose n’a pas d’impact sur certaines issues de grossesse

  • Les risques de développer un diabète gestationnel [7]
  • Le fait que le bébé ait un plus petit poids à la naissance,
  • Les risques de décollement placentaire.

 

Les conséquences inconnues de l’endométriose

Les études scientifiques divergent sur les points suivants :

  • Les risques de faire une grossesse extra-utérine (risques identiques ou plus élevés),
  • Les risques de faire une pré-éclampsie (la pré-éclampsie se caractérise par une élévation de la pression artérielle et une élévation de la quantité de protéines présente dans les urines).

Chez les femmes enceintes atteintes d’endométriose, le fait d’être atteinte d’adénomyose diffuse est associé avec l’accouchement d’un enfant de petit poids. Il est conseillé que les grossesses des femmes atteintes d’adénomyose diffuse soient traitées comme étant à fort risque de dysfonctionnement placentaire et soient étroitement surveillées[8].

Quels sont les impacts de la grossesse sur l’endométriose ?

Aujourd’hui, il n’y a pas d’étude ni de preuve concrète que la grossesse ait un impact quelconque sur l’endométriose que ce soit dans le sens d’une diminution, d’une stagnation ou d’une évolution des lésions.

Les impacts de la grossesse sur les lésions d’endométriose

Il faut savoir que la croissance et les changements structurels des lésions d’endométriose durant la grossesse pourraient advenir en raison de la décidualisation [9]. La décidualisation est un processus par lequel un des types de cellules de l'endomètre, les cellules stromales, subissent une série de changements et deviennent des cellules déciduales. En effet, tout au long de la grossesse, l'endomètre subit des changements multiples, qui sont essentiels à la fonction reproductrice féminine. Les nouvelles cellules déciduales interagiront directement avec l'embryon, qui viendra s'attacher à l'endomètre: une interaction adéquate entre les cellules déciduales et l'embryon est nécessaire au bon développement de ce dernier.

 

Une réponse hormonale similaire peut également être décelée pour l’endomètre ectopique (endomètre présent en dehors de l’utérus). En tant que tel, les endométriomes ovariens et les implants d’endométriose profonde peuvent subir ce processus de décidualisation.
 

Globalement, l’état progestatif de la grossesse favorise une amélioration de l’endométriose. Cependant, la décidualisation peut amener à une croissance de la taille des endométriomes et des implants d’endométriose profonde, à des changements d’apparence à l’imagerie, voire à des complications comme la présence de sang dans le péritoine durant la grossesse.

 

La connaissance de ce processus peut aider à prévenir les mauvais diagnostics d’endométriomes décidualisés comme étant des tumeurs malignes des ovaires ou à reconnaître les manifestations habituelles à l’imagerie des effets hormonaux de la grossesse sur l’endométriose.

Les impacts de la grossesse sur les symptômes d’endométriose

Si, pour la plupart des femmes, les symptômes d’endométriose sont mis en pause durant la grossesse en raison de l’imprégnation forte du corps par la progestérone, certaines femmes mentionnent des douleurs spécifiques liées à l’endométriose
 

Ces douleurs peuvent être identiques à celles ressenties avant la grossesse mais elles peuvent aussi être exacerbées ou différentes : tiraillement ou douleurs lancinantes dans le bas du ventre, dans les cuisses, syndrome de Lacomme, douleurs neuropathiques, etc.
 

Cela peut s’expliquer par le fait que l’utérus grossit en volume et déplace les organes dans le bassin. Cette évolution impacte les adhérences créées par l’endométriose et joue aussi sur l’étirement des ligaments qui soutiennent les organes. Ces douleurs ligamentaires apparaissent chez un grand nombre de femmes non atteintes de la maladie mais peuvent être beaucoup plus intenses chez les femmes atteintes d’endométriose en raison des lésions présentes sur les ligaments.

L’impact de l’endométriose sur l’accouchement

En ce qui concerne l'accouchement, les risques pour la femme atteinte d’endométriose ne viennent pas de la maladie en elle-même, mais des chirurgies que la femme pourrait avoir subi avant la grossesse.

Si la chirurgie a touché la partie terminale du rectum ou le vagin, la césarienne peut être privilégiée, car un accouchement par voie naturelle pourrait entraîner un déchirement du périnée et des séquelles telles que l'incontinence anale et urinaire.

Quelles évolutions de l’endométriose peut-on attendre après une grossesse ?

La grossesse ne guérit pas l'endométriose

Pendant longtemps, il a été considéré que la grossesse avait un impact positif sur l’endométriose et ses symptômes en raison à la fois :

  • Du blocage de l’ovulation empêchant les tissus endométriosiques de saigner
  • De l’induction de différents changements métaboliques, hormonaux, immunitaires et angiogéniques (développement des vaisseaux sanguins).

Beaucoup de femmes diagnostiquées d’endométriose se sont vues prescrire la grossesse comme un remède au développement de la maladie et aux différents symptômes qu’elles pouvaient ressentir et attendent donc de la grossesse une véritable amélioration de la maladie.
 

En réalité, les études montrent que les effets de la grossesse sur l’évolution de l’endométriose et sur les symptômes sont très variables et il n’y a pas de preuve que la grossesse soit forcément un moyen de réduire la taille et le nombre de lésions d’endométriose [10].

L’endométriose peut se développer sur la cicatrice de césarienne ou d’épisiotomie

Par ailleurs, il faut savoir que la cicatrice de la césarienne est, chez certaines femmes, le lieu de développement de lésions d’endométriose, ce que l’on appelle l’endométriose pariétale cicatricielle[11]. C’est l’une des localisations d’endométriose les plus rares.
 

C’est aussi le cas sur des cicatrices d’épisiotomie.
 

Elle s’explique par le fait que lors de l’intervention des cellules endométriales se greffent sur la cicatrice et leur développement est favorisé par les oestrogènes ce qui provoque la création d’endométriome[12].

Quels sont les effets de l’allaitement sur l’endométriose ?

L’allaitement (et l’aménorrhée lactationnelle qui l’accompagne) protégerait les femmes de l’endométriose et aurait également des effets sur les symptômes et notamment les douleurs ainsi que sur la propagation de la maladie[13].

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FAQ

Est-il possible de tomber enceinte avec une endométriose ?

Il est possible de tomber enceinte malgré l’endométriose mais cela peut être plus difficile. Entre 30 et 40 % des femmes atteintes d’endométriose seront confrontées à l’infertilité dans leur parcours pour avoir un enfant.

Pourquoi l'endométriose provoque des fausses couches ?

L’endométriose peut augmenter le risque de fausse couche en provoquant l'inflammation de l'endomètre ou en résistant à l'action de la progestérone pendant l'implantation.

Pourquoi l'endométriose rend stérile ?

L’endométriose ne rend pas forcément stérile mais elle peut réduire les chances de grossesse. Cela est dû aux lésions et inflammation au niveau de l’endomètre.