Deuil périnatal : un deuil spécifique
- 01. Qu’est-ce que le deuil périnatal ?
- 02. Quelles sont les particularités de ce deuil ?
- 03. Qu’en est-il du deuil suite à l’IVG ?
- 04. La question de la grossesse qui suit
- 05. La question des enfants déjà présents (les aînés)
- 06. Les choses que l’on ne veut plus lire ou entendre
- 07. Ce qui est mis en place pour accompagner ce deuil : l’importance du souvenir
- 08. Les ressources extérieures possibles
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit le deuil périnatal comme survenant entre la 22ème semaine d’aménorrhée et le 7ème jour après la naissance. Cependant, il existe de nombreuses autres situations pour lesquelles ce deuil est une réalité.
Le deuil périnatal concerne ainsi toutes les grossesses non menées à terme, quelles qu’en soient les raisons (fausse couche / arrêt naturel de grossesse, mort foetal in utero, grossesse extra-utérine, Interruption Volontaire de Grossesse (IVG), Interruption Médicale de Grossesse (IMG), réduction embryonnaire…).
Il est important de considérer qu’il n’y a pas de lien entre la durée de la grossesse et l’intensité de l’impact de la perte.
La fausse couche précoce ou interruption naturelle de grossesse précoce est bien trop banalisée par le monde médical. Les chiffres sont répétés comme étant « normaux » : 1 femme sur 4 connaîtra cet événement dans sa vie.
Cependant il est nécessaire de comprendre que la femme qui désire un enfant et qui vit cet épisode est non seulement confrontée à quelque chose de physiquement très dur, mais qui psychologiquement indique également la mort d’un projet. Ce projet d’enfant qui se met en place dès l’instant où le test est positif.
Chaque personne confrontée à ces événements est libre de se définir dans ce deuil ou non. Et ce dernier n’est pas toujours conscientisé.
Le soutien et l’écoute doivent en revanche rester les mêmes. L’accompagnement, sans jugement sur la situation vécue, revêt une grande importance.
Enfin, le deuil étant un processus, il s’inscrit dans le temps. Et la reconstruction peut être longue.
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Le deuil périnatal est un sujet difficile et complexe. Souvent, il fait peur aux proches et mènent à des maladresses.
Il peut paraître difficile de l’accompagner et de l’aborder. Et chaque histoire est unique.
C’est un deuil spécifique d’un être qui n’a pas pu voir le jour. En effet, contrairement au deuil d’un proche, on n’a pas ou peu de traces physiques et de souvenirs construits avec le bébé.
La brutalité et l’illogisme de cet événement est perturbant. C’est une véritable tempête émotionnelle.
Chaque choix que nous faisons entraîne un renoncement et donc le deuil d’une possibilité. L’Interruption Volontaire de Grossesse est donc tout aussi légitimement un deuil périnatal.
Quelles que soient les raisons ayant mené à ce choix, elles sont indiscutables et la souffrance qui peut être ressentie et vécue a le droit d’être entendue et accompagnée, sans jugement. Tout est légitime !
La grossesse qui suit est souvent source de questions. La peur de la répétition est omniprésente.
Dans le corps, dans la tête et dans le cœur de la femme et du couple se joue alors une ambivalence. La sensation de faire exister à la fois une nouvelle vie et celle qui n’est plus là. Il est possible de ressentir à la fois de la joie et de la tristesse, et d’avoir cette appréhension de « remplacer » ou « d’abandonner » le bébé de la grossesse précédente.
Les parents, happés par le chagrin, peuvent être moins centrés sur le ou les enfants. Les aînés peuvent alors ressentir de l’abandon, de la culpabilité, de la jalousie … Certains enfants voudront alors absolument combler les attentes de leurs parents.
Ils ont besoin d’être rassurés et revalorisés, qu’on mette des mots sur les événements et les émotions / sensations.
Il existe aujourd’hui quelques livres très adaptés aux enfants pour aborder le sujet en douceur.
Chaque histoire est unique, chaque traversée de ce deuil l’est tout autant.
Parce que c’est un deuil complexe, les proches ne savent pas toujours comment y faire face. Souvent, les parents confrontés à ce deuil entendent ou lisent des paroles déplacées, malvenues ou maladroites. Parfois même culpabilisantes.
Il existe donc de nombreuses phrases à ne plus dire ou écrire :
« Vous en ferez un autre » : le parent ne veut pas d’un autre, il veut celui qu’il vient de perdre.
« C’est qu’il ne devait pas venir » ou « C’est qu’il n’était pas viable » : le parent peut culpabiliser.
« Il vaut mieux ça qu’un enfant handicapé ! » : culpabilité et se demander ce qu’il n’a pas fait « correctement » pour protéger son enfant.
« C’était pas le bon moment » ou « Peut-être que tu n’étais pas prête » : culpabilité, remise en question de l’envie de parentalité.
« La faute à pas de chance » ou « Ca arrive, tiens d’ailleurs tu sais untel ou unetelle, ben il lui est arrivé pire ! » : le parent ne veut pas entendre ce qui se vit chez les autres, il a déjà assez à faire avec sa propre souffrance.
Mais alors que dire face à cette souffrance ?
Le plus important n’est pas de dire, mais d’entendre, d’accueillir la souffrance, sans jugement. Être une présence, un acte de bienveillance, sont parfois bien plus réconfortants que des mots. Un petit plat ou une petite attention peut apporter bien plus que certaines paroles.
Et puis, surtout, rappeler qu’ils ne sont pas responsables et que l’on est présent (chacun à sa mesure, en fonction de ses capacités).
Après la perte d’un bébé in utero ou d’une IMG, il est possible de prendre soin de son enfant en le lavant, en l’habillant, en le gardant avec soi quelques heures.
Il est également possible de faire venir un photographe.
Les soignants sur place prennent également le temps de faire des empreintes des pieds et des mains.
Il existe aussi différentes possibilités pour dire au revoir à son bébé, et suivant le stade de la grossesse l’inscrire sur le livre de famille.
Certains hôpitaux / maternités ont des espaces et jardins du souvenir pour les tout-petits.
La journée du 15 octobre est consacrée au deuil périnatal.
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