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26/04/2022

L'ensemencement vaginal pour le microbiote du nouveau-né

Le microbiome qui colonise l'organisme des nourrissons peut jouer un rôle déterminant dans le développement de son système immunitaire [1]. Le mode d’accouchement va faire varier le microbiote du nourrisson [2]. L’ensemencement vaginal pour développer le microbiome est une technique qui suscite l’intérêt mais qui pour autant comporte des risques infectieux et n’est pas recommandée. Booster le microbiome de son nourrisson peut se faire naturellement, notamment par le contact peau à peau.

Facts

Le mode d’accouchement va faire varier le microbiote du nourrisson. L'accouchement par césarienne peut interrompre le transfert bactérien naturel de la mère au nourrisson.

Stats

L’ensemencement vaginal n’est pas sans risques. 20% des femmes enceintes à terme sont porteuses de streptocoques du groupe B.

Quelques conseils

Pour booster naturellement le microbiome vous pouvez : Consommer des prébiotiques et probiotiques pendant la grossesse Allaiter votre enfant Favoriser au plus le contact peau à peau Et pourquoi pas avoir un animal de compagnie !

Dites nous tout

Avez-vous réalisé un ensemencement vaginal ?

Non je ne connaissais pas
Non je n’ai pas confiance
Oui tout à fait
Oui j’envisage de le faire

Quelle importance du microbiome pour le nourrisson ?

Le microbiome humain est l'ensemble des gènes des micro-organismes (microbiote) qui vivent dans et sur le corps humain et qui influencent la santé et le développement de l'hôte. Une hypothèse étant que le tractus gastro-intestinal du fœtus est stérile.

Le transfert bactérien de la femme au nourrisson se produit pendant l’accouchement, le contact peau à peau après la naissance et l'allaitement. Les bactéries ont pour fonction de fermenter les glucides pour en extraire de l’énergie, de stimuler le système immunitaire, d'empêcher la croissance de bactéries pathogènes, de réguler le développement de l'intestin et de produire des vitamines pour l'hôte [3](principalement la synthèse de vitamine K et certaines vitamines du groupe B) [4].

Quel impact de la césarienne sur le développement du microbiome ?

Le mode d’accouchement va faire varier le microbiote du nourrisson [5]. L'accouchement par césarienne, les antibiotiques prénatals et pendant la grossesse et l'alimentation au lait maternisé peuvent interrompre le transfert bactérien naturel de la mère au nourrisson au cours de la période précoce critique du développement immunitaire néonatal [6].

Chez les bébés ayant subi une césarienne, l'absence d'exposition vaginale entraîne la formation de communautés microbiennes ressemblant au microbiote cutané humain, avec une abondance de Staphylococcus spp.

Plus d’infections cutanées

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Plus de risque de colonisation par des pathogènes

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Il est possible d’agir dès la grossesse

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On ne connaît pas l’impact sur le long terme du mode d’accouchement

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Quel est l'impact du microbiome sur la santé du nourrisson ?

Le microbiome influence le métabolisme

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Le risque d’asthme a été associé aux bactéries du microbiome

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Un risque d’infection gastro-intestinal dépendant du microbiote

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Un mauvais microbiote augmente le risque de développement d’allergies

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Comment booster naturellement le microbiome du nourrisson ?

Il est possible d’agir naturellement pour influencer et booster le microbiome de son enfant.

Consommer des probiotiques et prébiotiques dès la grossesse

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L’allaitement maternel influence positivement son microbiote

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Le contact peau à peau avec son bébé

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Avoir un animal de compagnie peut contribuer à accroître la diversité du microbiome intestinal.

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L’ensemencement vaginal pour booster le microbiome du nourrisson ?

Quel est le but de l’ensemencement vaginal ?

L'ensemencement vaginal désigne la pratique consistant à inoculer une gaze ou un coton-tige avec des fluides vaginaux pour transférer la flore vaginale dans la bouche, le nez ou la peau d'un nourrisson. Cette procédure est le plus souvent réalisée après un accouchement par césarienne. En effet, une césarienne effectuée avant le début du travail ou avant la rupture des membranes empêche le fœtus d'entrer en contact avec les fluides et les bactéries vaginales [27].

Comme l'augmentation de la fréquence de l'asthme, des maladies atopiques et des troubles immunitaires reflète l'augmentation du taux d'accouchement par césarienne, la théorie de l'ensemencement vaginal est de permettre une colonisation correcte de l'intestin du nourrisson et, par conséquent, de réduire le risque ultérieur d'asthme, de maladies atopiques et de troubles immunitaires [28].

Quel effet de l’ensemencement vaginal sur le microbiome ?

Une étude portant sur 18 nourrissons (7 nés par voie vaginale et 11 par césarienne) et leurs mères a été menée pour tenter de restaurer partiellement le microbiote des nourrissons nés par césarienne en utilisant l’ensemencement vaginal [29].

4 des 11 nourrissons nés par césarienne ont été exposés à des liquides vaginaux provenant de gazes inoculées dans le vagin de leurs mères respectives qui étaient négatives pour les streptocoques du groupe B, ne présentaient aucun signe de vaginose et avaient un pH vaginal inférieur à 4.5, pendant l'heure précédant l'accouchement par césarienne. Dans les 2 minutes suivant la naissance, les nourrissons ont été essuyés avec la gaze le long de la bouche, du visage et de la peau.

Le suivi de la source bactérienne du microbiome du nourrisson a révélé que le microbiome des 4 nourrissons nés par césarienne et essuyés avec la gaze inoculée ressemblait à celui des nourrissons nés par voie vaginale, en particulier pendant la première semaine de vie.

Ces résultats sont à lire avec prudence car l’étude porte sur 4 nourrissons seulement ce qui ne permet pas de conclure avec certitude.

Cependant, une étude qui a réalisé un ensemencement vaginal à des nourrissons nés par césarienne a montré qu’il n’y avait pas de différence dans leur microbiome par rapport à des enfants nés par césarienne n’ayant pas reçu d’ensemencement. Les auteurs émettent l’hypothèse que la flore périanale serait davantage responsable de la colonisation du microbiote intestinal des nourrissons que la flore vaginale[30].

Existe-t-il des risques associés à l’ensemencement vaginal ?

L'American College of Obstetricians and Gynecologists ne recommande ni n'encourage l'ensemencement vaginal en dehors du contexte d'un protocole de recherche approuvé par un comité d'examen institutionnel, et il est recommandé de ne pas procéder à l'ensemencement vaginal tant que des données adéquates concernant la sécurité et les avantages du processus ne sont pas disponibles [31].

Il est essentiel de noter que l'état actuel des données de recherche cumulatives sur les avantages et les inconvénients potentiels de l'ensemencement vaginal consiste en une seule étude pilote dans laquelle seuls quatre nourrissons ont été ensemencés, sans suivi à long terme [32].

Par ailleurs, l'étude ne concernait que des femmes qui n'étaient pas porteuses de streptocoques du groupe B, qui ne présentaient aucun signe de vaginose et dont le pH vaginal était inférieur à 4,5. Or 20% des femmes enceintes à terme sont porteuses de streptocoques du groupe B. Ainsi, le risque de réaliser un ensemencement vaginal dans la population générale est inconnu.

Le risque d'infections non diagnostiquées par Chlamydia trachomatis, Neisseria gonorrhoeae, le papillomavirus, les streptocoques du groupe A et le virus de l'herpès simplex (un cas d'infection néonatale à l'herpès simplex suite à un ensemencement vaginal après une césarienne élective a été rapporté [33]), entre autres, au moment de l'accouchement, est également préoccupant et pourrait entraîner une infection néonatale qui aurait pu être évitée par une césarienne sans ensemencement [34].

Conclusion

Le microbiote d’un nourrisson né par voie vaginale ou par césarienne sera différent. Ne paniquez pas si vous avez eu une césarienne, cela ne veut pas dire que votre enfant ne sera pas en bonne santé, et certaines études montrent même que cette différence s’estompe dès 6 mois !

Il existe des façons de booster le microbiote de votre nourrisson et ce dès la grossesse, à travers l’allaitement, le contact peau à peau et en favorisant le développement de son système immunitaire.

L’ensemencement vaginal peut être une solution dans le futur, mais d’autres études sont nécessaires pour s’assurer non seulement que cela soit efficace mais également sans danger pour votre bébé.

Sources

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