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27/04/2022

Le Réflexe d’éjection dysphorique ou quand allaiter rend triste…

La plupart du temps, les hormones de l’allaitement ont un effet positif, calmant, apaisant sur les femmes. Lorsqu'on allaite, nous recevons une shoot d'hormones, notamment de prolactine et l'ocytocine, l’hormone de l'amour. Mais que se passe-t-il quand ces hormones se retournent contre les mères ?

Take care mama

Beaucoup de femmes avec un RED sévère sont diagnostiquées comme ayant une dépression du postpartum, même s’il n’en est rien. Si ces sensations ne sont présentes uniquement durant les tétées, il y a de fortes chances pour que vous souffriez “juste” de RED.

Le saviez-vous ?

Il serait possible que l’exposition à un stress durant la grossesse ou l’accouchement déclenche une réponse de “danger-fuite” conduisant ensuite à un réflexe d’éjection dysphorique.

Quelques conseils

Vous n’y êtes pour rien, lachez prise ! Essayez la méditation Maximiser le peau à peau avec bébé Essayer de moduler votre alimentation

C’est un phénomène que les chercheurs appellent le Réflexe d’éjection dysphorique (RED).

Quel impact des hormones de l’allaitement sur la maman ?

Quand on allaite, on assiste à une libération de la dopamine, favorisée par la prolactine et/ou l’ocytocine (l’hormone de “l’amour”, laquelle peut aussi agir directement sur les récepteurs cérébraux et qui a un effet anxiolytique et sédatif [1].

Les hormones de l’allaitement sont biologiquement conçues pour non seulement nous pousser à allaiter, à produire suffisamment de lait pour notre bébé, mais également à rendre cette expérience “agréable”.

L’ocytocine est une hormone du” maternage” : quand elle est relâchée, elle favorise les interactions entre la mère et son bébé, et va prodiguer un effet calmant, avec une baisse de la fréquence cardiaque et de la pression sanguine. Des chercheurs ont pu mettre en évidence un lien entre les niveaux d’ocytocine et le degré d’attachement entre mère et enfant [2].

Elle aide les mamans à protéger leur enfant, et peut également déclencher des réactions d’agression et de fuite quand la maman sent que son bébé est en danger, comme un réflexe de suivi en cas d’attaque [3].

Qu’est-ce que le réflexe d’éjection dysphorique ?

Le réflexe d’éjection dysphorique (RED) est un phénomène encore peu connu, mais pourtant bien réel.

Les femmes qui le connaissent éprouvent, juste après le réflexe d'éjection, un afflux d’émotions négatives, un sentiment de dépression, des bouffées d’angoisse. C’est quelque chose de très “hormonal” et incontrôlable.

Les symptômes les plus fréquents

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Les symptômes plus rares

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Quand se produit le réflexe d’éjection dysphorique ?

Le RED se produit juste avant le réflexe d’éjection, dans les premières minutes de la tétée. Il peut se produire dès que le réflexe d'éjection est stimulé : au sein, avec un tire son lait, ou même de façon spontanée entre deux tétés ou deux tirages.

Il peut également se produire plusieurs fois au cours d’une même tétée ou d’un même tirage, rendant l’allaitement pas très agréable. Cela dit, la plupart du temps, ces sensations négatives ne sont présentes que les 10 premières minutes après le début de la mise au sein.

Certaines femmes vont avoir des symptômes pendant quelques tétés, d’autres durant plusieurs jours ou semaines, voire durant toute la durée de leur allaitement.

A ne pas confondre avec une dépression du post partum

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A ne pas confondre avec une hypersensibilité au niveau des mamelons

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Quelles sont les causes du réflexe d’éjection dysphorique ?

Un dysfonctionnement de l’ocytocine

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Des troubles de la dopamine

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Pourquoi toutes les femmes ne connaissent pas le réflexe d’éjection dysphorique ?

A l’heure actuelle, les chercheurs ne savent pas pourquoi certaines femmes sont touchées et pas d’autres.

Une exposition passée à un stress important

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Le rôle possible de l'ocytocine de synthèse

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Que faire si je souffre de RED ?

Parfois ce phénomène s’arrêtera seul, parfois il faudra attendre le sevrage.

Savoir qu’on y est pour rien

Une des choses qui aident beaucoup les mamans confrontées au RED est de savoir qu’elles ne sont pas “folles”, et qu’elles ne sont pas seules.

Et que surtout, ce phénomène n’est pas dangereux, et que cela ne signifie ni qu’elles n’aiment pas leur enfant, ni qu’elles font un rejet de l’allaitement.

Suivre un traitement

Les chercheurs qui privilégient la piste de la dopamine conseillent de prendre certaines plantes comme le gattilier, les fèves ou le mucuna pruriens (pios mascate)*, qui augmenteraient le taux de dopamine ou de lévodopa (ensuite convertie en dopamine dans le cerveau)[13].

Il existe également un traitement médicamenteux, le bupropion, qui augmente le taux de dopamine*.

Cependant, ce médicament n’a pas été testé avec des études double aveugle, et donc il est impossible d’écarter un effet placebo, qui selon la chercheuse Kerstin Uvnäs Moberg, pourrait être au alentours de 30%[ 14].

A noter que les médicaments antagonistes de la dopamine (dont la dompéridone, utilisée pour augmenter la lactation) pourraient aggraver le RED [15]*.

_*Attention à ne pas vous auto-complémenter ou à utiliser des plantes sans un conseil de médecin ou pharmacien. Ces conseils ne se substituent pas à l’avis d’un médecin ou à un traitement médical en cours. _

“Reprogrammer les voies de l’ocytocine”

L’idée pour la chercheuse Kerstin Uvnäs Moberg, spécialiste de l’ocytocine, est d’aider à reprogrammer les circuits de cette dernière, en augmentant le sentiment de sécurité chez les mamans, et en stimulant sa production par le contact peau à peau, par des massages...bref, par un sentiment de bien-être !

Se sentir en sécurité

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Abuser du peau à peau

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S’entourer de chaleur et confort

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Méditer

Si on connaît un RED, la méditation peut aider à calmer les symptômes associés. L’idée est se concentrer lors de la tétée sur sa respiration, et ne pas trop “penser”.

Dès qu’on surprend notre esprit à vagabonder, on le remarque, et on se reconcentre à nouveau sur sa respiration. Cela peut nous aider à nous recentrer sur l’instant présent et chasser les pensées négatives qui peuvent nous submerger.

Pour vous aider dans cet exercice, vous pouvez télécharger une application comme Headspace qui vous permettra de faire de la méditation guidée.

D’autres techniques pourraient également marcher, comme l'acupuncture, les massages… bref, c’est aussi l’occasion de prendre soin de soi !

Prendre soin de son alimentation

Un chercheur a également suggéré le rôle de la nutrition sur la gestion du RED : il recommande de veiller à consommer suffisamment de protéines et de bon gras pour maintenir le taux de sucre dans le sang.

En effet, chez certaines femmes, l’allaitement peut provoquer une forte augmentation du taux d’insuline (stimulé par l'ocytocine), mais cette réaction peut être modulée en diminuant les sucres et en augmentant son apport en gras et protéines [17].

Lâcher prise

Enfin, simplement apprendre à lâcher prise sur sa lactation peut aider : tant pis pour le tirage de lait supplémentaire pour les réserves !

En ne voulant pas tirer plus que nécessaire (d’ailleurs pas besoin de tirer son lait les premières semaines, on laisse sa lactation se mettre en route toute seule), on peut ainsi diminuer les symptômes.

En conclusion

On connaît encore peu les mécanismes derrière le réflexe d’éjection dysphorique.

Parfois, le RED est si intense que le sevrage semble la seule option, quand on se sent dépassé par ce sentiment d’angoisse et de tristesse, sans en comprendre la cause.

Il existe de multiples façons de le réduire, voire de le faire disparaître, notamment en prenant soin de soi et en pratiquant le peau à peau, qui peuvent d’ailleurs aider chacune d’entre nous à mieux vivre notre postpartum et allaitement, RED ou pas.

Retrouvez également notre article sur le Milk blues ou la dépression post sevrage. On connaît aussi peu ce phénomène, pourtant tout à fait naturel, qui accompagne le sevrage et la chute des hormones de l’allaitement.

Sources

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