Le déclenchement du travail
Volontaire ou médicalement préconisé, en 2016 en France, 22% des accouchements ont été déclenchés. Plusieurs situations nécessitent un déclenchement de l'accouchement, c’est notamment le cas lors : du dépassement du terme, de la rupture prématurée des membranes, d’une grossesse multiple ou dans certaines situations particulières, telles qu’une macrosomie fœtale, un retard de croissance intra-utérin, un antécédent d'accouchement rapide ou une prééclampsie.
Différentes méthodes, à l’efficacité plus ou moins démontrée, permettrait le déclenchement du travail :
- Le décollement des membranes
- L’injection d'ocytocine
- L’injection de prostaglandine
En comparant les différentes méthodes de déclenchement du travail, les prostaglandines se sont avérées plus efficaces que l'ocytocine qui était plus susceptible d'entraîner un col défavorable ou inchangé entre 12 et 24h. De même, les prostaglandines impliqueraient moins de recours à la péridurale (44).
Certaines méthodes naturelles peuvent également aider à déclencher le travail. Par exemple, vider la vessie pour permettre l’appui de la tête du bébé sur le col ou encourager le mouvement pour mobiliser le bassin et favoriser l'engagement du bébé. L'acupuncture, les massages spécifiques, et la gestion de la douleur et du stress sont d'autres techniques pouvant être utilisées pour relâcher le col et encourager sa dilatation. Pour en savoir plus, retrouvez notre article sur acupuncture grossesse.
La phase de dilatation
L'accouchement débute lorsque les contractions utérines s'accompagnent de modifications cervicales. Caractérisée par 3 phases distinctes, la phase de dilatation est le premier stade du travail. Elle débute avec les premières contractions régulières et se termine lorsque le col est complètement dilaté (45).
- La phase de latence : Le col de l’utérus commence à s’effacer (amincissement) et à se dilater (élargissement) jusqu'à 3-4 cm, avec des contractions irrégulières et modérément douloureuses toutes les 5 à 25 minutes durant 30 à 45 secondes. Cette phase, habituellement la plus longue, se passe souvent à domicile.
- La phase de travail actif : Le col continue de s’effacer et se dilate en moyenne d’½ centimètre par heure jusqu'à 7-8 cm. Les contractions deviennent plus longues, rapprochées et douloureuses, survenant toutes les 5 minutes au maximum pendant environ 60 secondes. La perte des eaux est fréquente lors de cette phase.
- La phase de transition : L’ouverture du col atteint son maximum, soit 10 cm. Il s’agit de la phase la plus courte, mais la plus difficile car les contractions sont plus longues et rapprochées, survenant toutes les 6 minutes au maximum pendant 60 à 90 secondes.
Au terme de la phase de dilatation, la tête du bébé s’engage dans le petit bassin, qui est particulièrement étroit. Il est alors courant de ressentir une forte pression ainsi que des nausées, voire des vomissements. La durée de la phase de dilatation est influencée par plusieurs facteurs dont le nombre de grossesse, la capacité à bouger, le poids et la position du bébé, la forme du bassin ou encore l’état psychologique de la mère et sa préparation à la naissance.
La phase d'expulsion
Le second stade du travail correspond à la phase active d’expulsion caractérisée par une dilatation complète du col de l’utérus (45). Les contractions utérines deviennent intensément fortes, rythmées et fréquentes, favorisant la descente du fœtus dans le pelvis maternel. L’expulsion est soutenue par des poussées dirigées par la sage-femme et stimulées par la future maman en réponse aux contractions.
Lorsque la naissance devient imminente, la tête du bébé devient visible à l'ouverture du vagin.
La réalisation d’une incision contrôlée du périnée sous anesthésie locale (épisiotomie) peut être décidée par la sage-femme ou l'obstétricien pour agrandir l'entrée du vagin et éviter le déchirement du périnée. De façon concomitante, la tête du bébé apparaît, le cou s'étire et le reste du corps est dégagé. La durée de cette phase est variable, influencée par des facteurs physiologiques tels que la position fœtale, l'efficacité des contractions utérines et la réponse de la mère aux efforts de poussée.
La délivrance
La troisième étape de l’accouchement se traduit par l’expulsion naturelle ou artificielle du placenta et de ses annexes (membranes placentaires et cordon ombilical), plus connue sous le terme de délivrance (45). Quelque temps après la naissance du bébé, le placenta est décollé et expulsé à son tour. Pour se faire, l’utérus se contracte. Lorsque le placenta se décolle de la paroi utérine, celle-ci peut commencer à saigner. Le placenta est ensuite examiné pour s’assurer qu’il est sorti dans son intégralité, car tout résidu peut provoquer des infections et des saignements ultérieurs dans l’utérus.
Le cordon va ensuite être coupé. Le clampage tardif consiste à attendre plus d'une minute voir l'arrêt des pulsations du cordon avant de le couper. La tardiveté du clampage présente des avantages significatifs pour la santé du nouveau-né, comme l’augmentation du volume sanguin, des réserves en fer et la diminution de risques de complications.
Certaines mamans peuvent décider de garder le placenta, pour en faire une teinture, ou même pour le consommer bien que les bénéfices n’aient pas été démontrés.
S’alimenter et s’hydrater pendant le travail
Les recommandations officielles sur la consommation de nourriture et de boissons pendant l'accouchement varient selon les organisations médicales.
- La Société française d'anesthésie et de réanimation autorise les liquides non particulaires pour les femmes bénéficiant d’une analgésie péridurale, sauf en cas de diabète, d’obésité morbide ou de césarienne (67).
- L'American Society of Anesthesiologists autorise l'apport modeste de liquides clairs pour les patientes en travail sans complication, tout en déconseillant les aliments solides (68).
- La Haute Autorité de Santé autorise les liquides clairs pendant toute la durée du travail pour les patientes à faible risque d’anesthésie générale, mais déconseille les aliments solides pendant la phase active du travail (69).
La pratique du jeûne pendant le travail permet d’éviter un syndrôme de Mendelson chez la future maman, un risque rare de pneumopathie d’inhalation (inhalation bronchique du contenu gastrique) en cas d’anesthésie générale (5). Néanmoins, avec la baisse de l’utilisation de l’anesthésie générale pour les césariennes, ce risque est devenu très faible car la future maman est désormais éveillée et son réflexe de toux plus intact (70).
Ainsi, si l'accouchement est sans risque et que le recours à une anesthésie générale est peu probable, il est a priori possible de manger et de boire pendant le travail. Les études montrent que manger et boire n’augmente pas les complications maternelles ou néonatales (71) et pourrait même réduire légèrement (~ 16min) la durée du travail (72).
Dans certains cas, vous serez sous perfusion pendant le travail pour maintenir l’hydratation. Pour en savoir plus, retrouvez notre article sur le sujet.
Évacuer les selles pendant le travail
Bien que cela ne se produise pas à chaque accouchement, il est très fréquent de déféquer pendant la phase d'expulsion. En effet, le bébé exerce une pression sur l'ampoule rectale, une partie du rectum située juste avant l'anus, contenant souvent des selles qui sont alors poussées vers l’anus. C'est un processus mécanique mais tout aussi fréquent que normal !