Les données des études sur l’efficacité de la consommation d’huile d’onagre pour déclencher le travail sont partagées. Quand on se demande comment accoucher plus vite, l'huile d'onagre pourrait faire partie des options envisageables.
Certaines études montrent que c'est efficace
Plusieurs essais cliniques rapportent des résultats encourageants. Une étude de 2006 a observé une amélioration significative du score de Bishop (indicateur de maturation du col de l'utérus) chez les femmes ayant pris de l'huile d'onagre, ainsi qu'une réduction de la longueur cervicale et un taux d'accouchement par voie basse plus élevé, 70 % contre 51 % dans le groupe placebo [2].
Une étude de 2022 a également constaté une amélioration du score de Bishop [3]. Un essai de 2023, en triple aveugle, a confirmé une amélioration du score de Bishop ainsi qu'une réduction des délais entre le début de l'induction et l'accouchement [4].
Enfin, une méta-analyse de 2023, regroupant cinq études et 652 participantes, conclut à une amélioration significative du score de Bishop chez les femmes supplémentées en huile d’onagre [5].
Des études montrent qu'il n'y a pas d'effet
D'autres travaux nuancent ces conclusions. Une étude de 1999 n'a pas trouvé de différence significative sur la durée de la grossesse, bien qu'une légère variation du poids de naissance et de la durée du travail ait été observée [6].
Un essai randomisé de 2018 n'a, pour sa part, relevé aucune différence significative entre le groupe supplémenté et le groupe témoin, que ce soit sur l'âge gestationnel à l'accouchement, la durée du travail ou les scores d'Apgar [7].
Une méta-analyse de 2021, portant sur quatre études et 680 femmes, va dans le même sens : elle ne retrouve pas d'effet significatif de l'huile d'onagre sur le score de Bishop ni sur la maturation cervicale [8].
Les études montrent que c'est sans effet secondaire
Un point sur lequel les études convergent, en revanche, est la sécurité. Aucune des recherches menées ne rapporte de complication notable liée à la prise d'huile d'onagre en fin de grossesse. Les profils biophysiques fœtaux et les tests de bien-être fœtal sont restés normaux [2], et les scores d'Apgar, le poids de naissance ou encore l'excrétion de méconium n'ont pas montré de différence préoccupante entre les groupes supplémentés et les groupes témoins [7][4][5]. La méta-analyse de 2021 confirme elle aussi l'absence de complication associée à sa consommation [8].
Alors, est-ce que ça vaut le coup ?
En regardant l'ensemble de la littérature disponible, davantage d'études rapportent un effet positif de l'huile d'onagre sur la maturation du col et le déroulement du travail que d'études ne montrant aucun effet. Les résultats ne sont donc pas unanimes, mais la tendance penche plutôt en faveur d'un bénéfice possible.
Surtout, l'ensemble des recherches menées à ce jour s'accorde sur un point essentiel : sa prise en fin de grossesse n'a montré aucun effet indésirable pour la mère ou pour le bébé. Dans ces conditions, et toujours en accord avec votre sage-femme ou votre médecin, il peut être pertinent de tenter l'expérience à partir de la 37ème semaine de grossesse, à raison d'environ 1500 mg par jour, la dose la plus fréquemment étudiée. Puisque le risque est faible et le bénéfice potentiel réel, cela ne coûte rien d'essayer.