Accouchement en siège : comment se déroule la naissance ?
L’accouchement en siège est assez rare (3 à 4% des cas)
La césarienne n’est pas forcément obligatoire
Cela ne veut pas forcément dire plus de complication
Environ 3-4% de toutes les grossesses arrivent ainsi à terme avec des bébés en présentation par le siège[1]. Une grossesse par le siège correspond à un bébé (ou des bébés) positionné la tête en haut dans l'utérus. Une échographie permet notamment d'observer ce phénomène.
Il faut attendre 35 ou 36 semaines avant de pouvoir considérer un bébé comme se présentant par le siège. Dans les grossesses “normales”, le bébé se tourne généralement la tête en bas. Cependant, à mesure que le bébé grandit et manque de place, il devient plus difficile pour lui de se tourner et de se mettre dans la bonne position.
Il existe 3 modalités d’accouchement en siège
Accouchement siège décomplété ou mode des fesses (2/3 cas) : Les fesses sont en bas et les membres inférieurs sont en extension devant le tronc amenant les pieds à hauteur de la tête fœtale.
Le siège complet (<1/3 cas) : il est assis en tailleur.
Le siège semi-complet ou semi décomplété (rare) : Une des jambes est relevée devant le tronc et l’autre est sous les fesses [2].
Les facteurs de risque d’un accouchement en siège
On recense ainsi plusieurs facteurs liés à ce risque :
Une grossesse multiple (jumeaux ou plus)
Un bassin contracté
Un âge maternel avancé
Des anomalies utérines, comme des fibromes
Un retard de croissance foetal
Un problème au niveau du liquide amniotique (trop ou pas assez)
Un placenta praevia (placenta inséré sur le segment inférieur au niveau utérin)
Un cordon ombilical trop court
Un bébé prématuré
Un faible poids [3]
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Quelles sont les recommandations actuelles ?
D’après la Haute Autorité de Santé (HAS), ce n’est pas en soi une indication de césarienne programmée [4]. Un accouchement naturel, par voie basse, reste possible.
Critère d’éligibilité à l’accouchement par voie vaginale
Les critères d’acceptabilité dans ce cas sont :
Confrontation favorable entre la pelvimétrie et l’estimation des mensurations fœtales. Le bassin est suffisamment large pour que le fœtus puisse passer.
Absence de déflexion de la tête (position en extension de la tête du fœtus, normalement fléchie)
Coopération de la patiente.
Possibilité de réaliser une manoeuvre externe
En cas d’indication de césarienne programmée pour le siège, on recommande de proposer avant à la patiente une manœuvre externe. En mettant les mains sur le ventre de la maman, on soulève les fesses du fœtus et on appuie sur sa tête pour le mobiliser. Cela permettra ainsi de bouger les bras, les jambes et la tête du bébé. Une revue a notamment montré que le fait de réaliser ces manœuvres permettait de l’éviter dans 35 à 86% des cas [5].
Les conditions de réalisation d’une césarienne
On peut en réaliser une dans les situations suivantes : confrontation défavorable entre la pelvimétrie et l’estimation des mensurations fœtales, ou bien déflexion persistante de la tête fœtale, ou encore non-coopération de la patiente.
La césarienne est-elle réellement préférable ?
Une tentative de voie basse est réalisée pour un tiers des mamans à la maternité avec un fœtus en accouchement en siège. Le taux de succès est de 70 % [6].
Dans une étude sur plus de 2000 femmes enceintes ayant un enfant qui se présente par le siège, la moitié étaient dirigées vers une césarienne programmée et l’autre moitié vers un accouchement par voie basse [7]. D'après les résultats, 90% des 1 041 césariennes programmées ont eu lieu. Sur les 1 042 qui devaient délivrer par voie vaginale, 57% ont en effet accouché par voie vaginale. Le groupe ayant bénéficié de césariennes planifiées avaient une mortalité périnatale, une mortalité néonatale ou une morbidité néonatale grave significativement plus faibles que le groupe ayant bénéficié d'un accouchement par voie basse planifié. D'après les données, il n'y a pas eu de différence entre les groupes en termes de mortalité maternelle ou de morbidité maternelle grave.
Cependant, dans une étude sur plus de 8000 naissances en siège, ils n’ont pas trouvé de différence significative pour la santé néonatale en comparant les naissances vaginales et les césariennes. Les auteurs ont conclu que, dans les endroits où l'accouchement planifié par voie vaginale est courant et lorsque des critères stricts sont respectés, l'accouchement planifié par voie vaginale d’un foetus en présentation par le siège reste une option sûre qui peut être proposée à la maman [8].
Est-ce que le travail doit être déclenché ?
Le déclenchement n'est en réalité pas systématique. D'après des données de 2006, on observe que dans le cas d’accouchement en siège, le déclenchement de l'accouchement était réalisé fréquemment par 12,5 % des équipes obstétricales françaises, occasionnellement par 59,7 % et jamais par 27,8 % [9].
Une analyse de 7 études a montré que le déclenchement était notamment lié à une augmentation significative du taux de césariennes dans le groupe déclenchement en comparaison au groupe travail spontané ; respectivement 33,59 % contre 24,93 % [10].
Il existe encore peu d’études sur le sujet mais il serait possible notamment d’agir avec une version par manœuvres externes comme le recommande la HAS (voir plus haut).
Quelques études ont quant à elles observé des techniques et leurs résultats sur ces accouchements.
Accoucher à 4 pattes, une option possible ?
Une étude sur 750 accouchements en siège a notamment comparé 315 césariennes programmées et 435 tentatives de voie basse. D'après cette étude, 269 (61,8 %) des femmes ont accouché par voie basse dont 229 en position « à 4 pattes » et 40 en décubitus dorsal (allongées sur le dos) [11].
Les résultats rapportés étaient ainsi en faveur de la position « à 4 pattes ». Il y avait en effet moins d’interventions obstétricales, moins de traumatismes fœtaux et une durée de 2ème stade du travail réduite de 42% en moyenne (45 min en moins). La survenue d’une complication néonatale sévère est notamment survenue dans 10% des cas où la mère est allongée contre 3,1% où elle est « à 4 pattes ».
L’acupuncture peut-elle aider à bouger bébé ?
La moxibustion, une forme de médecine traditionnelle chinoise, consiste à brûler l'herbe moxa (Folium Artemisiae argyi ou armoise) sur les points d'acupuncture. Elle est notamment utilisée en Chine pour faciliter la version céphalique de la présentation du siège. Des études ont notamment démontré qu’elle peut la favoriser, avec 1.3 fois plus de chance [12].
Par ailleurs, une analyse de 65 études a montré que la stimulation du point BL67 permettait d’obtenir un résultat de 28% de siège après le traitement contre 56% pour les femmes n’ayant pas eu cette stimulation [13].
Ces données sont également complétées par une étude qui a regardé l’effet combiné de la stimulation du point BL67 par moxibustion et acupuncture et l’ont comparé à un groupe équivalent n’ayant reçu aucun traitement. D'après les résultats, au moment de l'accouchement, la proportion de version céphalique était plus faible dans le groupe d'observation (36,7 %) que dans le groupe de traitement actif (53,6 %). Par conséquent, la proportion de césariennes indiquées pour une présentation du siège était significativement plus faible dans le groupe traité que dans le groupe d'observation (52,3% contre 66,7%) [14]. Aucune anomalie du rythme cardiaque fœtal, aucune contraction utérine prématurée ni aucun changement cardiovasculaire maternel n'ont été observés immédiatement après l'acte.
Pour en savoir plus, retrouvez notre article acupuncture grossesse.
Moins de 1% des cas d’accouchement en siège entraînent des lésions traumatiques chez l’enfant. Les lésions les plus fréquemment retrouvées sont notamment les fractures de la clavicule, les hématomes ou contusions et les lésions du plexus brachial. C’est également associé à une augmentation de dysplasie des hanches. Les césariennes ne semblent en revanche pas en être un facteur protecteur [15].
Un autre problème qui peut également survenir lors d'un accouchement en siège par voie vaginale est le prolapsus du cordon ombilical (ou procidence). Il peut glisser dans le vagin avant l'accouchement. En cas de pression exercée dessus ou de pinsement, la circulation du sang et de l'oxygène vers le bébé par le cordon peut diminuer. Cette possibilité est faible en temps normal mais va augmenter à 1.3% dans ce cas là [16].
L’accouchement en siège est assez rare et se produit dans 3 à 4% des cas. Cette condition n’implique pas obligatoirement de déclenchements ni de césariennes. Il est en effet possible d’avoir un accouchement par voie vaginale en maternité ou à l'hôpital si les conditions sont favorables.
Si vous êtes dans cette situation, n’hésitez pas à demander conseil à votre équipe médicale (médecin, sage-femme, gynécologue).
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