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26/04/2022

Déclenchement du travail : quels impacts ?

Le déclenchement du travail vise à utiliser des outils mécaniques ou pharmaceutiques afin de déclencher la phase de travail de l’accouchement.

Le saviez vous

Le décollement des membranes n'est pas efficace et il y a un risque de rupture des membranes. Les prostaglandines seraient plus efficaces que l’ocytocine.

Dites nous tout

Avez-vous eu un déclenchement du travail ? Y a-t-il eu des effets indésirables ?

Oui et sans problème !
Oui mais avec des effets indésirables…
Non pas besoin.
J’ai essayé d’agir naturellement.

Déclenchement du travail : dans quel cas est-il réalisé ?

En 2016 en France, 22% des accouchements ont été déclenchés [1].

Dans certains cas, le déclenchement peut être volontaire et choisi par la future maman (pour des raisons pratiques, par peur de dépasser le terme, etc). Toutefois, certaines situations médicales nécessitent un déclenchement du travail, pour la santé de la mère et/ou de son bébé. La Haute Autorité de Santé indique plusieurs situations à risque [2].

Dépassement du terme

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Rupture prématurée des membranes

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Grossesse multiple

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Certains cas de diabète

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Certaines situations sont à prendre au cas par cas

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Que disent les études sur les différentes méthodes de déclenchement du travail ?

Le décollement des membranes

Le décollement des membranes est généralement fait lorsqu’il n’y a pas de raison médicale urgente.

Au cours d'un cet examen pelvien, le praticien peut "balayer les membranes", c'est-à-dire utiliser ses doigts pour séparer la poche d'eau amniotique de la paroi utérine. Cela peut alors déclencher la libération de médiateurs chimiques, les prostaglandines, qui provoquent le travail et également irriter le col de l’utérus provoquant ainsi sa contraction [4].

Les études ont du mal à prouver son efficacité

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Cela augmente le risque de rupture des membranes

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C’est douloureux et cela entraîne des saignements

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Ocytocine

Le travail peut être déclenché par ocytocine en intraveineuse, une hormone qui provoque des contractions de l'utérus.

Pour une patiente dont l'utérus répondra de manière adéquate à ce traitement, l'ocytocine présente l'avantage d'une demi-vie courte et de la possibilité d'un arrêt rapide si on le souhaite [11]. Une revue regroupant 61 études et incluant près de 13 000 femmes a été réalisée et ils ont observé les points suivants [12].

L’ocytocine permet de déclencher le travail

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L’ocytocine diminue le besoin d’antibiotiques

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Mais l’ocytocine induit plus de détresse foetale

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Plus de risque d’avoir une péridurale

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Potentiellement plus de risque d’avoir une césarienne

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Prostaglandines E2

Les prostaglandines sont des hormones produites par le corps et peuvent être utilisées pour déclencher le travail.

La haute autorité de santé recommande que le déclenchement par les prostaglandines E2 doit privilégier la forme intravaginale, qui est moins agressive et aussi efficace que la forme intracervicale [14].

Les prostaglandines sont probablement efficaces pour déclencher le travail : elles augmentent probablement la probabilité d'accouchement dans les 24 heures, n'ont aucun effet ou peuvent réduire le risque de césarienne, mais il n'y a pas de preuves de l'effet global sur l'amélioration des résultats maternels et fœtaux [15].

Les prostaglandines aident pour déclencher le travail

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Moins de césarienne sous prostaglandines

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Mais les prostaglandines impactent le rythme cardiaque foetal

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Potentiellement un risque de rupture utérine augmenté

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Un cathéter à ballon

Un cathéter peut être utilisé où un ballon gonflable à l’extrémité appuie sur le col de l'utérus pour aider à déclencher le travail, comme la sonde de Foley.

Quelles sont les différences entre les différentes méthodes de déclenchement du travail ?

Prostaglandines VS ocytocine

La revue regroupant 61 études et incluant près de 13 000 femmes sur les effets de l’ocytocine a également comparé l’ocytocine aux prostaglandines (PGE2) [19].

Les prostaglandines seraient plus efficaces

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Les prostaglandines impliquent moins de péridurale

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Moins d’inflammation in-utero avec l’ocytocine

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Moins d’infections sous ocytocine

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Cathéter à ballon versus PGE2 par voie vaginale

Une revue de 113 études, sur plus de 22000 accouchements, a étudié les différences entre ces différentes méthodes de déclenchement du travail [21].

Il a été observé qu’un cathéter à ballonnet réduit probablement le risque d'hyperstimulation utérine avec modification du rythme cardiaque fœtal, de morbidité néonatale grave ou de décès périnatal et peut réduire légèrement le risque d'admission en unité de soins intensifs néonatals.

Cependant, un cathéter à ballonnet peut augmenter légèrement le recours à la péridurale pendant le travail par rapport à la PGE2 vaginale. Il peut également multiplier le risque d’utilisation d’ocytocine par 1.5 par rapport à la PGE2 vaginale.

Cathéter à ballon versus ocytocine

La revue précédente a également comparé les cathéters à ballon avec l'ocytocine [22].

Un cathéter à ballonnet réduit probablement le risque de césarienne par rapport à l'ocytocine, et ce de 32%.

Pour les femmes ayant déjà subi une césarienne, un cathéter à ballonnet peut réduire légèrement le risque de césarienne par rapport à l'ocytocine. Cependant, le résultat est encore trop imprécis pour porter un jugement valable.

Il n'est pas certain qu'il y ait une différence dans l'hyperstimulation utérine avec des modifications de la fréquence cardiaque fœtale entre le déclenchement du travail avec un ballon et l'ocytocine, ni en ce qui concerne le nombre de cols défavorables après 24 heures ou encore pour les scores d'Apgar inférieurs à sept à cinq minutes.

OCYTOCINE + CATHETER A BALLON : PLUS EFFICACE ? Le résultat d’une étude sur 200 femmes a montré que l'ajout d'ocytocine à la sonde de Foley transcervicale ne raccourcit pas le délai d'accouchement et n'a aucun effet sur la probabilité d'accouchement dans les 24 heures ou sur le taux d'accouchement par voie vaginale, bien qu'il y ait un recours accru à l'analgésie chez ces patientes. L'utilisation d'ocytocine en plus de la maturation par sonde de Foley n'est pas justifiée [23].

Agir naturellement, est-ce possible ?

En France, selon les hôpitaux, on peut accepter un maximum de stagnation de 2 heures, 3 heures ou 4 heures à condition que le rythme cardiaque foetal soit satisfaisant et que l’on n’ait pas de critères obstétricaux de mauvais pronostic (gros bébé, présentation haute, etc).

Il y a plein de choses que les sages-femmes peuvent faire pour aider à faire repartir tout ça !

Vider la vessie avec une sonde

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Positionner différemment la maman

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Naturellement il y a également quelques méthodes à essayer.

Acupuncture

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Massage du fil de la sorcière

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Diminuer sa douleur et son stress

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Conclusion

Le déclenchement du travail peut ainsi comporter quelques avantages, comme le fait de diminuer le risque de césarienne par rapport aux femmes qui attendent après terme. Les études montrent même que l’ocytocine permet de diminuer la prise d’antibiotiques et le risque d’infections.

Toutefois, ces pratiques ne sont pas sans risque et peuvent générer entre autres de l’hyperstimulation utérine avec des modifications du rythme cardiaque fœtal, et certaines techniques sont plus à risque que d’autres.

Sources

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