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27/04/2022

La mastite : une fatalité?

La mastite est une complication assez fréquente qui peut survenir lors de l’allaitement. Est-ce une fatalité ? Comment l'éviter et le traiter ? La mastite toucherait entre 3 à 20 % des mères pendant l’allaitement. La variation de ces chiffres est liée aux biais de sélection et à la méthodologie des études. La mastite peut survenir à tout moment dans l’allaitement mais elle est plus fréquente dans les 3 à 6 premières semaines post-natales ou en cas de sevrage. Voici une mise au point sur les facteurs favorisant la mastite et sur les solutions pour la traiter. Spoiler : dès les premiers symptômes, au lit avec son bébé !

Stats :

La mastite toucherait entre 3 à 20 % des mères pendant l’allaitement. Beaucoup de mastites pourraient en effet être évitées avec de bonnes pratiques de l’allaitement, du repos, un bébé “à la bonne adresse” pour limiter les engorgements, notamment lors de la période du postpartum.

Quelques conseils

Ne pas porter de soutien-gorge qui comprime trop les seins. Prévenir les engorgements Soigner ses mamelons Surveiller les signes de “stase lactée” Bien se laver les mains

Le saviez-vous ?

Vous pouvez utiliser des feuilles de choux réfrigérées pour soulager les symptômes d’engorgement. Elles procurent un soulagement similaire à celui d’une compresse chaude.

Dites nous tout

La mastite…

Pas encore, je touche du bois !
J’ai connu
Je suis une serial mastiteuse :(

Qu’est ce qu’une mastite ?

La mastite peut prendre plusieurs formes, plus ou moins graves.

Elle se caractérise par une inflammation locale au niveau du sein : la zone devient alors sensible, rouge, chaude et douloureuse.

Elle apparaît de façon progressive ou brutale et prend la forme d’un syndrome grippal, avec des courbatures, des frissons, de la fatigue et une fièvre supérieure à 38,5°. Si elle n’est pas traitée rapidement et de façon adaptée, elle peut entraîner des complications, comme un abcès. Le risque de sevrage est important lors d’un mauvais accompagnement et/ou des conseils inappropriés comme l’arrêt de l'allaitement pendant le traitement antibiotique …

On distingue classiquement deux types de mastite.

La mastite inflammatoire

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La mastite infectieuse/bactérienne

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Est-ce que la mastite est fréquente ?

La mastite est un problème assez courant chez les femmes qui allaitent. Les études parlent d’une prévalence de 3 à 20% chez les femmes [2] [3] [4]. Certaines études évaluent qu’environ un quart des mères feront une ou plusieurs mastites durant leur(s) allaitement(s) [5] !

Si les mastites sont courantes, elles ne sont pas du tout une étape obligée !

Beaucoup de mastites pourraient en effet être évitées avec de bonnes pratiques de l’allaitement, du repos, un bébé “à la bonne adresse” pour limiter les engorgements, notamment lors de la période du postpartum. La majorité des mastites arrivent dans les 6 semaines qui suivent la naissance, c’est donc une période à surveiller de près.

Quelles sont les causes de la mastite ?

Les causes de la mastite inflammatoire

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Les causes de la mastite infectieuse

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Quels sont les facteurs de risques de la mastite ?

Les principaux facteurs de risque

  • Crevasses au niveau des mamelons
  • Tétées peu fréquentes ou allaitement à heures fixes
  • Le fait de “sauter” des tétées ou un tirage de lait, notamment quand l’enfant commence à faire des nuits complètes
  • Point blanc sur le bout de sein, ou canal lactifère bouché
  • Utilisation de complément de préparation pour nourrissons ou d'autres aliments, les premiers mois
  • Utilisation d’une sucette/tétine qui réduit la fréquence des tétées
  • Mauvaise prise du sein ou une succion faible (les seins ne sont donc pas correctement « vidés » )
  • Hyperlactation
  • Sevrage trop rapide
  • Soutien-gorge trop serré, ou une pression trop importante sur les seins
  • Fatigue ou stress de la maman [7], [8]

On trouve d’autres facteurs de risques possibles.

Le retour au travail

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La nutrition

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Avoir déjà eu une mastite

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L’immunité de la maman

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Comment prévenir la mastite ?

Heureusement la mastite n’est pas une fatalité, même durant les premières semaines d'allaitement !

Ne pas porter de soutien-gorge qui comprime trop les seins.

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Prévenir les engorgements

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Soigner nos mamelons

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Surveiller les signes de “stase lactée”

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Bien se laver les mains

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Que faire en cas de mastite ?

Reconnaître les signes avant-coureurs d’une mastite et agir rapidement.

Si on “saute” une tétée et qu’on a les seins très engorgés avec un début d’inflammation ou si on commence à se sentir mal : au lit, avec bébé pour pouvoir l’allaiter très souvent !

On met alors son bébé au sein plus fréquemment, et on commence la tétée par le sein affecté. Si la douleur inhibe le réflexe d’éjection, on peut commencer la tétée par l’autre sein non touché, et on bascule dès qu’on sent le réflexe d’éjection arriver.

On peut également faire checker la position au sein du bébé par une consultante en lactation IBCLC.

Et on se repose, on prend suffisamment de liquide, on se nourrit bien !

On n’arrête pas l’allaitement !

Durant la phase aiguë de l’inflammation, la production de lait du sein infecté peut chuter pendant quelques jours, mais il est important que votre bébé continue d’être allaité de ce côté pour éviter que l’infection n’évolue en abcès. [17], [18], [19].

Continuer l’allaitement même en cas de mastite infectieuse est sans danger selon de nombreuses études, même lors d’infection à streptocoque doré. [17]

Les compresses chaudes et froides

Pour soulager la douleur et favoriser l’écoulement du lait, on peut :

  • Mettre une compresse chaude sur le sein atteint juste avant la tétée,
  • Tremper le sein atteint pendant 10 minutes en se penchant au-dessus d’une bassine d’eau chaude (3 fois par jour). Cela permet également d’éliminer les sécrétions de lait séché qui pourraient bloquer l’écoulement du lait.
  • Prendre une douche chaude.[20]

A faire juste avant une tétée, quand votre sein est encore chaud, pour essayer de libérer le canal bouché. Après la tétée, des applications de packs glacés pourront réduire la douleur, l’œdème et l'inflammation.

Bye bye le soutien-gorge !

Enlever pendant quelques jours son soutien-gorge si c’est possible, privilégier des brassières et éviter à minima tout soutien-gorge avec armature. Free the nipples !

Masser la zone

Masser doucement la zone atteinte pendant que bébé tète (du bout des doigts ou avec la paume de la main sur la zone chaude en direction du mamelon).

Attention cependant au massage, on procède toujours avec douceur pour ne pas sur-enflammer le tissu mammaire.

On peut utiliser une huile alimentaire pour aider à détendre la zone. Le massage doit toujours se faire de la périphérie du sein en direction du mamelon.

Favoriser l’évacuation du lait

Pour favoriser le drainage de la zone, essayer de tenir le bébé menton face à la partie atteinte du sein pour faciliter l’évacuation du lait. [20] On peut essayer également de tirer son lait manuellement si on pense à un canal bouché. [21]

On peut tenter la position à 4 pattes pour nourrir son bébé, dos au sol. Un peu bizarre, mais ça peut parfois aider à dégager le lait coincé !

Si les choses ne s’améliorent pas dans les 24 heures, on contacte son médecin ou sa sage-femme.

Les anti-douleurs

Votre médecin peut vous prescrire des antalgiques (type paracétamol), et parfois des anti-inflammatoires comme l'ibuprofène jusqu’à régression de l’inflammation. Les anti-douleurs faciliteront la survenue du réflexe d’éjection, donc il est tout à fait possible d’en prendre.

A noter que les AINS (anti inflammatoires non stéroïdiens) sont compatibles avec l’allaitement. Selon le CRAT, “La quantité d’ibuprofène ingérée par le lait est très faible: l’enfant reçoit moins de 1% de la dose pédiatrique usuelle (20 à 30 mg/kg/j). Dans la littérature, aucun événement particulier n’est signalé parmi une vingtaine d’enfants allaités de mères sous ibuprofène. Par ailleurs, le recul d’usage de l’ibuprofène en cours d’allaitement est important.”[22]

Une étude a également montré que “l’ibuprofène est indétectable dans le lait après des prises maternelles allant jusqu’à 1,6 g/jour.”[23]

_Les AINS peuvent cependant masquer une infection voir l’aggraver, donc on demande toujours à son médecin avant la prise. _

Les antibiotiques : pas automatiques !

80% à 90% des femmes qui consultent un professionnel de santé pour une mastite se voient prescrire un traitement antibiotique.

Mais ce traitement n’est pas forcément nécessaire, notamment si elles souffrent d’une mastite inflammatoire.

Les antibiotiques peuvent être prescrit si :

  • On note la présence de crevasse(s) surinfectée(s)
  • Pas d’amélioration après 24-48h malgré une bonne vidange du sein

Lors de la prise d’antibiotique, le risque de survenue d’une candidose mammaire et vaginale, chez la femme, est majoré - sans compter l’impact sur la flore intestinale. C’est pourquoi, le traitement sera pris uniquement si cela le nécessite.

Très rarement (moins de 3% des cas de mastites) évoluent en abcès. [24] Si la région reste dure, rouge et douloureuse en dépit d’un traitement, consultez au plus vite votre médecin.

Besoin d’analyser son lait ?

Il n’y pas besoin de faire d’analyse bactériologique lors d’une mastite même infectieuse.

Beaucoup de femmes allaitantes et en bonne santé ont en effet des bactéries potentiellement pathogènes dans leur lait sans mastite [25]… 20% de la population serait ainsi porteuse de staphylocoque doré. Et l’inverse est vrai aussi : beaucoup de femmes qui présentent une mastite ont un lait exempt de germes pathogènes !

Les médecins peuvent décider d’analyser le lait avec un antibiogramme si les antibiotiques prescrits ne font pas effet après quelques jours, si la mastite récidive, ou encore dans le cas d’une allergie aux antibiotiques utilisés habituellement.

Réduire son apport en graisses saturées

Si vos canaux sont fréquemment obstrués, et que la prise du sein est optimale, vous pouvez essayer de réduire les graisses saturées dans votre alimentation et prendre une cuillère à soupe de lécithine par jour.

Des plantes

La médecine chinoise traditionnelle utilise des extraits de plantes (Fructus gleditsiae) pour soulager la mastite.[26]

Les méthodes de grand-mères pour soulager les engorgements

La méthode de la bouteille chaude

Cette méthode a été conseillée dans le guide de la mastite de l’OMS pour soulager d’un engorgement et/ou canal bouché.[27]

Il vous faut :

  • une bouteille en verre à goulot large pour bien recouvrir le mamelon
  • une bouilloire d'eau chaude pour remplir la bouteille
  • de l’eau froide pour refroidir le goulot de la bouteille
  • un linge épais pour se protéger en tenant la bouteille

Instructions : - Verser un peu d’eau chaude dans la bouteille pour commencer à la réchauffer, puis la remplir presque entièrement, mais pas trop vite car elle risquerait d'éclater. - Laisser la bouteille reposer quelques minutes pour que le verre chauffe. - L'envelopper dans le linge et la vider dans la casserole. - Refroidir le goulot à l’eau froide à l’intérieur comme à l’extérieur (sinon, on risque de brûler la peau du mamelon) - Poser le goulot de la bouteille sur le mamelon de manière à ce qu'il adhère à la peau tout autour en créant un vide. • Maintenir la bouteille en place. - Au bout de quelques minutes, elle se refroidit, il y a un effet de succion et le mamelon est aspiré doucement à l'intérieur - La chaleur contribue au déclenchement du réflexe d’éjection et le lait commence à s’écouler dans la bouteille. La maintenir en place tant que le lait coule. On peut recommencer l’opération si nécessaire.

Les feuilles de chou

On recommande parfois l’utilisation de feuilles de chou réfrigérées ou à température ambiante, pour soulager les symptômes d’engorgement.[28]

Une étude de 2015 suggère que l’application de feuilles de chou réfrigérées sur des seins gonflés procure un soulagement similaire à celui d’une compresse chaude.[29] Les compresses de feuilles de rose trémière combinées à d’autres remèdes pourraient aussi contribuer à réduire l’engorgement.[30]

De nombreux ouvrages défendent la théorie selon laquelle les feuilles de chou réfrigérées contiendraient un composé absorbé par voie transdermique et capable de réduire l’œdème. Cependant, aucune preuve publiée ou clinique n’est jusqu’à présent venue soutenir cette thèse. La fraîcheur et la compression à elles seules ont un effet apaisant, et les feuilles de chou, en tant que vectrices de ces facteurs, peuvent alors contribuer à réduire l’inflammation [31].

Méthode de la Leche League pour soulager les engorgements avec des feuilles de chou : - Nettoyez, séchez et réfrigérez plusieurs feuilles de chou pour le sein que vous souhaitez traiter. - Pensez à retirer ou à adoucir la nervure centrale de chaque feuille, ou à couper les feuilles en gros morceaux pour plus de confort et de souplesse. - Maintenez les feuilles de chou sur vos seins ou glissez-les dans un soutien-gorge ample pour les maintenir en place. Maintenez vos mamelons à nu, surtout s’ils sont douloureux, fissurés ou qu’ils saignent. _- Au bout de vingt minutes, ou lorsque les feuilles de chou commencent à être chaudes, retirez-les.

  • Jetez les feuilles de chou._
    • Lavez-vous doucement les seins si vous le souhaitez. Ne pas réutiliser les mêmes feuilles.

Si vous n’êtes pas en période de sevrage, vous pouvez appliquer ce traitement vingt minutes trois fois par jour, mais pas plus. En effet, une utilisation excessive des feuilles de chou peut entraîner une diminution de la production de lait.

En conclusion

La mastite peut être évitée avec de bonnes mesures de prévention.

En cas de début d’engorgement ou de mastite, n’attendez pas ! Augmentez la fréquence des tétées et n’ hésitez à appliquer les différents conseils énoncés plus haut.

Consultez votre médecin si les symptômes persistent ou s’aggravent dans les 24 heures. Faites vous accompagner également par une IBCLC, en particulier pour éviter un sevrage précoce. En effet, si le sein n’est pas drainé correctement, la production de lait va baisser et peut induire un arrêt d’allaitement.

Take care mama !

Attention à ne pas vous auto-complémenter ou s’auto-médicamenter sans un conseil de médecin, sage femme ou de pharmacien. Ces conseils ne se substituent pas à l’avis d’un médecin ou à un traitement médical en cours.

Merci à Julie Longy, consultante en lactation IBCLC à la Rochelle pour sa relecture bienvaillante et ces conseils.

Julie consulte à la Rochelle et dans toutes la France par visio.

Sources

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